La maladie expliquée
Anorexie mentale
C'est un trouble grave du comportement alimentaire d'origine psychologique, caractérisée par le refus d'absorber des aliments. Ce n'est pas une maladie au sens propre du terme mais un symptôme, c'est à dire un signe révélateur d'un problème psychologique.
Paru le 02/01/2007 - Mise à jour le 28/12/2006
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L'anorexique, comme le boulimique souffre d’un trouble important de la perception de son corps. Il est intéressant de noter que cette affection, quasi inexistante dans les pays où le corps est caché, est en augmentation dans nos pays où le corps est affiché partout et où la “minceur” fait figure d’idéal.
L’anorexie peut être la porte d'entrée d'une maladie psychiatrique. Elle touche plus volontiers la jeune fille de 13 à 20 ans. Le pourcentage d’adolescent(e)s anorexiques est difficile à évaluer avec exactitude et doit se situer aux alentours de 0,5%.
Un diagnostic précoce représente à l’heure actuelle le plus sûr moyen de modifier le sort de ces adolescent(e)s bien que ce soit souvent au prix d’un long traitement
Qui peut devenir anorexique ?
L’anorexie n’a pas une origine unique mais dépend de plusieurs facteurs :
dispositions génétiques ;
prédisposition de la personnalité : anxiété, dépression, fragilité psychologique, sentiment d’insécurité, d’envie, d’ambition, mauvaise estime de soi, besoins affectifs;
facteurs psychologiques familiaux ;
un certain niveau socioculturel
Les événements déclenchants ne sont pas non plus spécifiques : déception sentimentale, désillusion, perte d’idéal, troubles en rapport avec l’apparition de la sexualité, refus de la sexualité, deuil...
Les signes qui doivent alerter
Il est très important pour l'entourage de connaître les signes de l'anorexie, tout en sachant qu'ils sont très difficiles à apprécier, l'anorexique niant totalement ses troubles.
Tout commence habituellement chez une adolescente par un désir de “suivre un régime” quelquefois apparemment justifié du fait d’un discret surpoids. Mais contrairement aux autres adolescentes qui commencent un régime, les futures patientes ne “cèdent” pas au bout de quelques jours ou de quelques semaines.
Cette adolescente devient mince puis maigre et se maintient dans une situation de restriction alimentaire sévère et prolongée, qui entraîné la perte de poids de plus de 10% de son poids. Cette perte de poids est rapide, la jeune fille en est d'ailleurs très fière.
Elle conserve généralement son activité, peut devenir hyperactive ou au contraire se renfermer. Son affectivité se modifie, son comportement finit par changer, elle devient exigeante, susceptible et irritable.
Elle nie complètement le fait qu'elle puisse être anorexique, est très convaincante, ce qui amène parfois l'entourage à nier également le problème, malgré le fait qu'aucune maladie identifiée ne puisse expliquer la perte de poids.
L’arrêt des règles est constant, elle peut être précoce ou secondaire à la dénutrition.
Aux périodes d'anorexie peuvent succéder des périodes de boulimie avec recours aux laxatifs et aux vomissements.
Que faire ?
La prise en charge de l'anorexique est une urgence et elle nécessite le plus souvent une coupure totale de la personne anorexique avec sa famille. La famille doit être rassurée. Elle n’est pas responsable mais elle doit comprendre qu’elle participe au jeu de rôle pathogène.
Le calcul de l'indice de masse corporelle ( poids/taille au carré ) calculé par le médecin est un signe d'alarme important lorsqu'il est inférieur à 15 : il y a urgence entre 13 et 15 et l'hospitalisation s'impose en-dessous de 13 pour réalimenter la jeune fille( il s'agit en effet, le plus souvent d'une femme).
La quantité extrêmement réduite des apports alimentaires sous-entend clairement qu'il lui sera impossible de se réalimenter toute seule et justifie l'urgence de la prise en charge
Le premier temps de la prise en charge est l'hospitalisation de la jeune fille en vue d'une réalimentation progressive, qui peut nécessiter parfois le recours aux perfusions ou à une sonde d'alimentation gastrique. Cette réalimentation s'inscrit dans un contrat de poids avec le médecin et a pour objectif l'obtention d'un certain poids dans un délai fixé.
Une psychothérapie s'avère très utile en complément de la réalimentation. Néanmoins, elle est impossible à instaurer en l'absence de toute demande. Elle sera progressivement mise en place dès que la réalimentation aura permis de mettre la jeune fille hors de danger.
A signaler que l’anorexie mentale du garçon adolescent est rare (5 % à 10 %). Le pronostic serait plus sévère.

