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Il y a aujourd'hui en France 350 000 cas de maladie d'Alzheimer. C'est la principale cause de démence. En raison de l'allongement de l'espérance de vie et du vieillissement de la population, le nombre de personnes atteintes ne peut qu'aller croissant : 600 000 cas attendus en 2020.
Paru le 03/06/2008 - Créé le 26/07/2006
Medimediapro
Affection dégénérative du système nerveux central, la maladie d'Alzheimer apparaît en général après 60 ans. Elle touche environ 5% des plus de 65 ans et 20% des plus de 80 ans en France. Mais 10% des cas d'Alzheimer surviennent chez des personnes âgées de moins de 60 ans.
Les formes familiales, de transmission héréditaire dominante, sont exceptionnelles : elles représentent moins de 20% des cas des formes à début précoce.
La plupart du temps, la maladie se manifeste chez des personnes conjuguant plusieurs facteurs de risque, comme l'âge, le sexe féminin, une prédisposition génétique...
Plus de la moitié des personnes de plus de 55 ans se plaignent de leur mémoire. Mais si la maladie d'Alzheimer commence par des troubles de la mémoire, tout trouble de la mémoire, à l'inverse, n'est pas synonyme d'Alzheimer.
Fait assez caractéristique, la personne souffrant d'Alzheimer a plutôt tendance à cacher ses troubles, d'ailleurs, bien souvent, c'est un proche qui l'amène à consulter. Alors qu'un déprimé ou quelqu'un ayant des déficits d'origine vasculaire, eux, se plaignent de leur état.
Les troubles de la mémoire
Ils concernent surtout les faits récents : oubli d'événements familiaux récents, de rendez-vous importants ; difficultés à assimiler de nouvelles informations.
La désorientation
Elle est à la fois temporelle et spatiale, d'abord dans des lieux inhabituels et nouveaux, puis dans son propre quartier.
Les troubles du langage
Ils commencent par l'oubli d'un mot au cours d'une phrase, par des difficultés d'écriture.
Les troubles du comportement
Au début de la maladie, il s'agit de symptômes dépressifs (tristesse, repliement sur soi-même, communication restreinte), de perte d'initiative, d'anxiété, d'irritabilité, voire d'agressivité.
9 signes qui doivent alerter
L'association France Alzheimer a édité une fiche pratique « les 9 signaux d'alerte à prendre au sérieux » pour attirer l'attention de l'entourage. Une gêne dans la réalisation d'une seule de ces activités peut être suspecte et devrait conduire à consulter.
un de vos proches n'utilise plus le téléphone de sa propre initiative
il a des difficultés pour rechercher un n° de téléphone
il ne peut plus (ou ne sait plus) composer un n° de téléphone
il ne veut plus conduire sa voiture seul
il ne prend plus seul les transports en commun
il ne peut plus prendre seul ses médicaments (oubli des médicaments, des doses, des horaires...)
il ne sait plus remplir lui-même un chèque
il ne sait plus régler une facture
il a besoin d'aide pour gérer son budget
Ces signaux sont particulièrement identifiables et devraient permettre d'améliorer le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer. Ils sont issus de l'échelle IADL (Instrumental Activities of Daily Living) de Lawton, validée comme outil de dépistage.
Mieux vaut consulter son médecin traitant, car c'est lui qui sera l'interface entre les spécialistes et la famille et qui pourra aider cette dernière au quotidien. Il est également possible de s'adresser à une consultation hospitalière de gériatrie.
Le généraliste peut vérifier les performances de la mémoire à l'aide d'un test simple, qui consiste à montrer quatre mots (merlan, dahlia, tenaille, poireau par exemple) appartenant à quatre catégories (sémantiques) différentes. On demande d'abord à la personne de désigner le nom du poisson, de la fleur, de l'outil et du légume, pour bien lui faire prendre conscience de la catégorie à laquelle le mot appartient. Puis, après quelques minutes, on lui demande de dire quels étaient les mots proposés, au besoin en l'aidant en lui rappelant qu'il s'agit d'un poisson, d'une fleur... L'orientation ou non vers un spécialiste dépend du score obtenu à ce test.
Pour affirmer ou écarter le diagnostic de maladie d'Alzheimer, les spécialistes disposent de tests neuropsycholgiques plus poussés comme le Mini Mental State (MMS) et procèdent à un examen neurologique complet assorti d'examens complémentaires (scanner, bilan biologique...).
Le plus souvent aujourd'hui, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer est porté à la phase démentielle de l'affection, lorsque les lésions cérébrales sont importantes.
Il faut agir avant, et le plus tôt possible est le mieux.
Pourquoi ?
Pour espérer ralentir la progression de la maladie grâce à de nouveaux médicaments, bientôt disponibles. Pour qu'ils soient efficaces, encore faut-il que les lésions ne soient pas trop étendues.
Pour mieux comprendre l'évolution de la maladie et permettre la mise au point de traitements efficaces.
Pour anticiper les troubles donc leur prise en charge, afin de préserver une autonomie le plus longtemps possible.
Aménager le quotidien
Quelques conseils pour aider à résoudre les difficultés quotidiennes
Remplacer la cuisinière à gaz par une cuisinière électrique
Ranger les objets fragiles
Equiper la salle de bains avec des anti-dérapants
Fermer la porte d'entrée, celle du jardin, pour éviter les fugues
Parler avec le malade avec des mots simples pour éviter qu'il se sente exclu et l'inciter à s'exprimer
Lui raconter des épisodes de sa vie pour qu'il se sente présent dans l'histoire familiale
Encourager toutes les activités que le malade aime, sous surveillance : cuisine, jardinage, marche
Veiller à une alimentation variée et s'assurer que la personne boit suffisamment
Interdire tôt la conduite automobile, au besoin en faisant appel à la commission du permis de conduire par une lettre à la préfecture
La dépendance progressive qui caractérise la maladie d'Alzheimer rend le quotidien difficile pour l'entourage qui doit absolument se faire aider.
Des aides à domicile peuvent soulager le ou les personnes qui vivent avec le malade : aide ménagère, service de soins ou garde à domicile, auxiliaire de vie, soins infirmiers.
Les structures de jour permettent à la famille de "souffler" et apportent un soutien thérapeutique spécialisé (stimulation, aide psychologique). Elles sont hélas trop peu nombreuses.
Le placement doit être prévu longtemps à l'avance et non dans l'urgence, car trouver le bon établissement est une affaire de longue haleine. Les DDASS, les services sociaux de la commune ou des services de gériatrie possèdent des adresses.
Si le placement en institution spécialisé est envisagé, il faut si possible obtenir un consensus familial et ne pas culpabiliser. Cette culpabilité que de nombreuses familles portent ne fait souvent que retarder la prise de décision, et il est préférable que le patient entre dans un établissement avec quelques repères que lorsqu'il est complètement désorienté.
Le choix de l'établissement dépend de l'état de santé du malade et des ressources financières de la famille : petites structures spécialisées dans l'accueil des malades atteints d'Alzheimer, maison de retraite, placement en long séjour à l'hôpital.
Pour en savoir plus
Association France Alzheimer. 21, Bd Montmartre 75002 Paris. Tél. 01 42 97 52 41. Sur internet: www.francealzheimer.org
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