Bretagne : votre région à la loupe

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Bretagne

Bretagne : votre région à la loupe

Comment évolue la natalité ? Quelles sont les maladies les plus fréquentes ? Où les professionnels de santé se font-ils le plus rares ? Parce que derrière toutes les grandes tendances nationales se cachent bien des spécificités locales, santea dresse pour vous un panorama complet de chaque région de France. Avec trois angles d’analyse : la démographie et l’économie, l’état de santé de la population, l’offre des soins.

Économie et démographie : quand qualité de vie rime avec performance

Terre d’accueil et de contrastes

La Bretagne compte un peu plus de 3 millions d’habitants, dont près du tiers habite en Ille-et-Vilaine. Sur les dix villes bretonnes les plus peuplées, huit se situent sur le littoral. La région est d’ailleurs celle qui offre la plus grande façade maritime du pays. Elle demeure moins urbaine, et son espace rural plus habité, que la moyenne des provinces françaises. Le territoire breton attire un nombre croissant de nouveaux habitants, surtout des familles et de jeunes retraités. Le nombre d’arrivées dans la région est devenu supérieur à celui des départs. La Bretagne enregistre également une progression sensible de la natalité dans ses quatre départements, mais ce phénomène reste concentré dans les zones urbaines ou périurbaines, à la population plus jeune. En revanche, le solde naturel * demeure négatif dans le centre de la région. In fine, la moyenne d’âge de la population bretonne est plus élevée qu’ailleurs.

* différentiel entre les naissances et les décès

Sources : Insee Bretagne, Chiffres-clés et Bilan démographique 2006, paru dans Le Flash d’Octant n° 128, juin 2007


En chiffres

5% de la population française vit en Bretagne
6ème région française pour le patrimoine architectural protégé
2 730 km de façade littoral soit 1/3 des côtes françaises.
+ 25 000 habitants par an depuis 1999
8ème région de métropole pour le taux de croissance annuelle de la population
9% de la population a plus de 75 ans (8,1% en France)

Sources : Insee Bretagne, Chiffres-clés Population - Chambre régionale de commerce et d’industrie de Bretagne, La démographie et les territoires bretons

Une bien belle vitalité !

Ces dix dernières années, l’emploi a évolué de façon plus favorable en Bretagne qu’au niveau national. La région compte aujourd’hui 1,2 million d'emplois, dont 6% dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche, soit le double de la moyenne nationale. La Bretagne reste la première région agricole de France. Elle fournit près de la moitié du tonnage national de poissons et de crustacés. Son puissant secteur agroalimentaire (69 000 postes) rassemble le tiers de l'emploi industriel régional, qui possède d’autres secteurs d’excellence : automobile, construction navale mais aussi télécommunications (2ème pôle national de recherche) et électronique (5ème région française).

- La région affiche depuis dix ans un taux de chômage inférieur de 1 à 2 points à la moyenne métropolitaine. Il est aujourd’hui le 3ème plus bas de France.

- Les allocataires des minima sociaux sont en proportion moins nombreux qu’ailleurs. La Bretagne a le taux de pauvreté le plus faible du pays. Les revenus y sont en moyenne plus élevés et plus homogènes.

Sources : Chambre régionale de commerce et d’industrie, L’économie de la Bretagne - Insee Bretagne, Chiffres-clés et Bilan économique 2006 paru dans Flash d’Octant n°109, mai 2007


Les chiffres-clés

7ème économie régionale avec un PIB de 74 milliards d’euros
155 000 entreprises
4 500 chercheurs
1/5e du lait, le tiers des volailles et la moitié des cochons produits en France viennent de Bretagne
68 000 personnes employées par le tourisme en août
1/3 des pêcheurs français travaillent dans les ports bretons
12 600 créations nettes d'emplois sur l’année 2006
6,7% de la population active au chômage (8% en métropole)*
33 000 bénéficiaires du RMI
8,7% de la population active en dessous du seuil de bas revenus (plus de 12% en métropole)

* au 2ème trimestre 2007

Sources : Chambre régionale de commerce et d’industrie de Bretagne, L’économie de la Bretagne - Insee Bretagne, Chiffres-clés – Le Télégramme de Brest du 12.09.07 / Caisse nationale d’allocations familiales

État de santé : un bilan singulier

Le paradoxe breton

Malgré un contexte socio-économique au beau fixe, la santé de la population bretonne s’avère quelque peu préoccupante. Le dynamisme de l’emploi pourrait même expliquer l’une des spécificités sanitaires de la région : les maladies professionnelles y sont près de 2 fois plus fréquentes. En revanche, la vitalité économique n’est pour rien dans la genèse des autres indicateurs de santé qui, au-delà de l’âge de 20 ans, se dégradent. Si l’espérance de vie dans la région a bien progressé, avec un gain d’une décennie en quarante ans, elle demeure inférieure à la moyenne nationale de quinze mois pour les hommes (22 mois en 1990) et de près de cinq mois pour les femmes (différentiel inchangé). La région continue d’enregistrer un surcroît de mortalité avant l’âge de 65 ans. Près de la moitié de ces décès prématurés sont considérés comme évitables. Leurs causes principales sont le suicide (26%) l’alcoolisme (22%) et le cancer du poumon (20%). Ils concernent un homme dans 8 cas sur 10.

Sources : Plan Régional de Santé Publique 2006-2010 - Insee Bretagne, Chiffres clés


Du plus au moins

- Taux de mortalité
le plus élevé : Côtes-d’Armor
le plus bas : Ille-et-Vilaine

- Espérance de vie :
la plus élevée : Ille-et-Vilaine, pour les femmes et les hommes
la plus basse : Morbihan pour les femmes, Finistère pour les hommes

Source : Insee Bretagne, Chiffres-clés

Prise de risque et psyché

Tous âges confondus, les trois premières causes de maladies en Bretagne sont les affections cardio-vasculaires, les cancers et les troubles mentaux. Les « traumatismes et empoisonnements » sont la 3ème cause de décès pour les hommes, la 5ème chez les femmes. La mortalité par suicide en Bretagne est la plus élevée de France. De même, la consommation régionale de produits psycho-actifs dépasse la moyenne nationale. Les ivresses régulières sont plus fréquentes sur le territoire breton, où les accidents de la route constituent la première cause de mortalité des jeunes. La Bretagne est aussi la région française la plus consommatrice de tabac. La mortalité prématurée par cancer du poumon continue d’ailleurs d’augmenter dans le Morbihan. A contrario, la région se distingue par un très bon taux de participation des femmes de 50 à 74 ans au dépistage organisé du cancer du sein (62,6%). Il la place au 2ème rang national, derrière le Limousin (64,6%).

Sources : Insee Bretagne, Chiffres-clés – Préfecture et DDASS du Morbihan, Programme départemental de prévention des addictions - Observatoire régional de santé, La santé dans les 21 pays de Bretagne - Le Quotidien du médecin du 02/10/07


Addictions d’ados

Proportion des jeunes âgés de 17 ans (filles et garçons)

Tendance évolutive

Moyenne métropole

Classement de la région

Usage quotidien du tabac

39%

stable

33%

3ème

Ivresses répétées

48%

en baisse

26%

1ère

Usage régulier du cannabis

14%

stable

10,8%

1ère

Source : Analyse régionale Escapad 2005 - OFDT

Le territoire à la loupe

L’analyse des indicateurs de santé met en exergue un contraste Est-Ouest : la région apparaît coupée en deux par une ligne reliant Saint-Brieuc à Auray. Cette opposition s’observe notamment pour la mortalité masculine : excédent à l’Ouest, notamment sur Brest et Quimper, et différentiel négatif à l’Est, dans la région de Rennes. Cette dernière se distingue du reste de la Bretagne, enregistrant une sous-mortalité généralisée. À l’échelon départemental, des différences se font jour également. La surmortalité prématurée des hommes est particulièrement importante dans le département du Finistère, et dans une moindre mesure du Morbihan et des Côtes d’Armor. À l’inverse, l’Ille-et-Vilaine occupe une position enviable pour la France entière en matière de taux de mortalité, mais aussi d’espérance de vie masculine.

Sources : Observatoire régional de santé, La santé dans les 21 pays de Bretagne – Insee Bretagne, Chiffres-clés - Plan régional de santé publique 2006/2010


6 des priorités sanitaires pour la région

- les cancers
- le suicide
- les conduites addictives
- la nutrition
- l’environnement
- la précarité

Source : Plan régional de santé publique 2006/2010

Offre de soins : une région (relativement) bien dotée

Gros plan sur les établissements

La Bretagne compte cent quarante-quatre structures hospitalières. Le tiers appartient au secteur public, avec notamment deux CHU (Rennes et Brest), vingt-deux Centres Hospitaliers et presque autant d’Hôpitaux locaux. La région possède un taux d’équipements un peu inférieur à la moyenne nationale en soins de courte durée, mais il est supérieur pour les soins de suite et de réadaptation, l’hébergement et les soins à domicile des personnes âgées comme l’accueil des enfants et des adultes handicapés. La situation est comparable en psychiatrie, où les capacités régionales sont supérieures de 35% aux chiffres nationaux pour les enfants et les adolescents, de 50% pour les adultes.

Sources : Plan régional de santé publique 2006/2010 - Ministère de la santé, Rapport de la Mission Démographie médicale hospitalière


En chiffres

12 000 lits et places en médecine, chirurgie et gynécologie- obstétrique, 5 200 en soins de suite et de réadaptation
145 places d’hébergement pour 1 000 personnes de 75 ans et plus (moyenne France de 130/1 000)
33 scanners et 14 appareils d’IRM installés
3 fois plus de pneumologues hospitaliers qu’en Auvergne, et 2 fois plus de neurochirurgiens qu’en Basse-Normandie
2 maladies rares pour lesquelles le CHU de Rennes est l’unique centre de référence en France : les surcharges en fer d’origine génétique et le spina-bifida

Sources : ARH Bretagne, Schéma régional d’organisation sanitaire 2006/2010 – Plan régional de santé publique 2006/2010 - Le Quotidien du médecin du 11/09/2007

Les professionnels de santé répondent présents

Près de 5 % des médecins français exercent en Bretagne. Six sur dix sont installés en libéral, où ils sont une fois et demie plus nombreux que les spécialistes. Avec une densité de 108 généralistes, et 69 spécialistes, pour 100 000 habitants, la Bretagne se situe un peu en dessous de la moyenne nationale (respectivement 112 et 88/100 000). A contrario, elle enregistre des chiffres supérieurs pour la plupart des autres professionnels de santé (chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs kinésithérapeutes…). Fait notable, les effectifs de toutes les professions médicales et paramédicales ont davantage progressé ces dix dernières années dans la région qu’en moyenne sur le territoire français, avec des hausses qui vont de 4,5% pour les médecins généralistes libéraux (+0,7% en France) à 137% pour les sages-femmes (vs +72,8%).

Sources : Insee Bretagne, Chiffres-clés personnels et équipements de santé au 01.01.2006 - URCAM Bretagne, L’offre de soins


L’exception infirmière

La plupart des professionnels de santé régionaux privilégient l’Ille-et-Vilaine pour s’installer ? Pas les infirmiers ! Ils préfèrent le Finistère, qui affiche la densité record de 142 infirmiers pour 100 000 habitants, pour une moyenne nationale de 84/ 100 000.

Sources : Urcam, L’offre de soins en Bretagne

La répartition en question

Au rang de ses atouts, la région dispose d’une offre de soins variée et d’un bon maillage territorial, tant en ce qui concerne les établissements que les professionnels de santé. La quasi-totalité de la population (97%) dispose d’un généraliste à moins de cinq kilomètres de son domicile. Une analyse plus poussée révèle cependant quelques inégalités. Ainsi, les deux tiers des médecins spécialistes sont installés dans les sept principales agglomérations bretonnes. Les généralistes se répartissent de façon plus égalitaire, avec néanmoins une préférence pour le littoral et la région rennaise. Les années à venir devraient voir apparaître des déficits, géographiques (milieu rural) comme de spécialités. Ainsi, plus de la moitié des chirurgiens en exercice a aujourd’hui dépassé l’âge de 50 ans. Leur nombre devrait diminuer de 15% d’ici 2020, tandis que celui des anesthésistes réanimateurs aura chuté de 20%.

Sources : Ministère de la santé, Rapport de la mission Démographie médicale hospitalière - Plan régional de santé publique 2006/2010


La toile se tisse

La Bretagne compte déjà près de 40 réseaux de soins qui rassemblent professionnels libéraux et établissements de santé. Ils interviennent de façon préventive, curative ou palliative dans des domaines comme l’addictologie, la cancérologie, le diabète ou encore la mucoviscidose. Leur objectif commun ? Favoriser l’accès aux soins et la coordination des prises en charge.

Sources : ARH Bretagne, Compte-rendu du Comité régional des Réseaux, février 2006 – Mission régionale de santé, Les réseaux de santé en Bretagne, septembre 2005


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