Comment évolue la natalité ? Quelles sont les maladies les plus fréquentes ? Où les professionnels de santé se font-ils le plus rares ? Parce que derrière toutes les grandes tendances nationales se cachent bien des spécificités locales, santea.com dresse pour vous un panorama complet de chaque région de France. Avec trois angles d’analyse : la démographie et l’économie, l’état de santé de la population, l’offre des soins.
L’Auvergne compte un peu plus de 1,3 million d’habitants, dont 20% vit dans la seule agglomération clermontoise. Elle affiche une densité de population parmi les plus basses du pays (50 habitants au km2). Les espaces ruraux occupent plus des trois quarts du territoire régional. Une commune sur deux est classée en zone de montagne. Ce cadre de vie privilégié attire 4 300 nouveaux habitants par an. Ils s'installent plus volontiers en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme. Leur arrivée compense une natalité régionale qui, malgré un rebond depuis 2002, demeure inférieure à la moyenne nationale. La population auvergnate affiche d’ailleurs une moyenne d’âge assez élevée. Un quart des auvergnats a plus de 60 ans. En 2030, ils représenteront près de 40% de la population régionale.
Les chiffres clés :
4 départements : Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme
26 000 km2 soit une superficie 2 fois supérieure à celle de l’Île-de-France, pour une population 8 fois moindre
490 mètres d’altitude moyenne
1/5 des auvergnats vit en milieu rural isolé
4 fois plus d’habitants dans le Puy-de-Dôme que dans le Cantal
8% des ménages qui résident en Auvergne viennent d’une autre région ou de l’étranger
2erégion où le rapport plus de 65 ans/moins de 20 ans est le plus élevé de France, après le Limousin
87% des plus de 75 ans vivent à domicile
11erang des régions françaises en termes d'attractivité, soit presque autant que la région Rhône-Alpes
Sources : Insee Auvergne, Chiffres clés 2006 – DRASS, La santé des auvergnats - Organisation du système de santé auvergnat : diagnostic partagé ARH/Urcam en Auvergne, décembre 2004 - Insee Auvergne électronique, Enquêtes annuelles de recensement 2004 à 2006, janvier 2007 – Plan Régional de santé publique 2005-2009 – Insee, L’année économique et sociale 2006, juin 2007
En Auvergne, la croissance enregistrée ces quinze dernières années figure parmi les plus faibles du pays. Les revenus déclarés par Auvergnats sont également inférieurs à la moyenne nationale. Toutefois, la région compte, en proportion, moins de bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) comme de la couverture maladie universelle (CMU). Elle enregistre également un taux de chômage en deçà des chiffres nationaux. L’agriculture rassemble 8,5% des emplois (4,1% de moyenne en France) et l’industrie plus de 20%, avec bien des pôles d’excellence : pneumatique, plasturgie, aéronautique, chimie-pharmacie, mécanique, agro-alimentaire, biotechnologies… L'Auvergne se situe à la 7e place des régions françaises les plus industrielles. Ces métiers, comme ceux de l'agriculture, marquent toutefois le pas au profit du secteur tertiaire et notamment des services à la personne. La richesse du patrimoine naturel et culturel régional fait également du tourisme un pôle d’activité incontournable. Le rapport nuitées touristiques/population régionale place l’Auvergne en tête des régions sans littoral.
En chiffres :
7,2% de la population auvergnate est au chômage, contre 8% en moyenne sur le territoire métropolitain*
23 699 € de produit intérieur brut (PIB) par habitant, versus 25 325 € de moyenne en province
19 300 bénéficiaire RMI
60 669 entreprises
120 laboratoires de recherche
1,5 million d’hectares de terres agricoles
10% du (PIB) régional provient du tourisme
*taux au 2e trimestre 2007
Sources : Insee électronique, L'Auvergne : un diagnostic pour préparer l'avenir, juin 2005 - Insee auvergne, La région en faits et en chiffres – Insee Auvergne, Chiffres-clés 2006 - Organisation du système de santé auvergnat : diagnostic partagé ARH/Urcam en Auvergne, décembre 2004 - Insee Auvergne Les Dossiers N° 17 Année 2006, L'industrie en Auvergne – Insee Auvergne, La lettre n°44, septembre 2007, Le produit intérieur brut auvergnat entre 1990 et 2004 – CRCI Auvergne
La santé des Auvergnats s’avère proche des moyennes nationales. Leur espérance de vie à la naissance l’est aussi. Elle a augmenté ces quinze dernières années de trois ans et sept mois pour les hommes, et de deux ans et demi pour les femmes. Le nombre de décès décroît plus fortement en Auvergne qu’ailleurs (-4,2 % en 2006 versus -2,3% au niveau national). La mortalité prématurée (avant l’âge de 65 ans) y est moins élevée qu’au niveau national : elle touche un Français sur quatre, contre un Auvergnat sur cinq. Cette moyenne cache néanmoins de grandes disparités selon les cantons, mais aussi selon le sexe. Comme dans le Nord de la France, les hommes continuent de supporter en Auvergne une surmortalité prématurée.
Elle trouve son origine dans cinq causes principales, repris par le Plan Régional de Santé publique 2005-2009 comme autant de priorités : maladies cardio-vasculaires, cancer, suicide (surmortalité régionale de +15%), accidents (+17,8% pour ceux de la vie domestique) et consommation excessive d’alcool (3e rang des régions françaises pour le nombre de décès qui lui sont liés).
- Espérance de vie à la naissance : maximale dans le Cantal et minimale dans l’Allier, pour les hommes comme pour les femmes.
- Baisse de la mortalité : maximale dans l’Allier (-5,8%), minimale dans le Cantal (-2,9%)
Sources : Insee auvergne, L'année économique et sociale 2006, juin 2007 - Organisation du système de santé auvergnat : diagnostic partagé ARH/Urcam en Auvergne, décembre 2004 - Insee Auvergne Chiffres-clés 2004 et 2006 – DRASS, La Santé des auvergnats - Plan Régional de Santé publique en Auvergne 2005-2009
Les maladies cardio-vasculaires constituent la 1ère cause de mortalité dans la région, tous âges et sexes confondus. Elles sont responsables du tiers des décès. Cette situation fait exception parmi les régions du sud de la Loire, habituellement moins touchées par les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux. À âge comparable, l’Auvergne connaît une mortalité par maladies de l’appareil circulatoire supérieur de 10% à la moyenne nationale pour les hommes (4,3% pour les femmes). Et si l’impact sanitaire de ces pathologies tend à diminuer dans tout le pays, cette décroissance est un peu plus lente en Auvergne.
Parmi les facteurs susceptibles d’expliquer cette situation, les spécialistes avancent un taux d’hospitalisation en Auvergne inférieur au niveau national pour les cardiopathies ischémiques, mais aussi des délais trop longs entre l’apparition d’une douleur thoracique et sa prise en charge médicale.
Sources : Plan Régional de Santé publique en Auvergne 2005-2009 – SROS 2006-2011
Chaque année, environ 5 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués dans la région. Ils représentent la deuxième cause de décès en Auvergne, qui enregistre une surmortalité pour ces pathologies, surtout masculine. Elle s’observe surtout pour le cancer colorectal (+8%) et de la prostate (+10%) chez l’homme, et le cancer du col de l’utérus chez la femme (+16%). Ces trois localisations sont accessibles au dépistage, individuel ou organisé. Le Puy-de-Dôme et l’Allier participe depuis décembre 2006 au dépistage organisé du cancer colorectal par recherche de sang dans les selles, avec déjà de bons taux de participation (52,3% dans l’Allier et 46% dans le Puy-de-Dôme). De même, le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie affiche dans la région un taux de participation de 56,3% en 2006 soit sept points au-dessus de la moyenne nationale. Il dépasse même les 65% en Haute-Loire.
Sources : Plan Régional de Santé publique en Auvergne 2005-2009 – SROS 2006-2011 – Institut National du Cancer, Bilan Plan cancer 2003/2006 – Institut de Veille Sanitaire, Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer du sein 2005-2006, mai 2007
Le réseau d’établissements sanitaires figure au rang des atouts de l’Auvergne, avec notamment un nombre important d’hôpitaux locaux. Le taux d’équipement régional dépasse les moyenne nationales pour les places en court séjour de médecine comme de chirurgie, et les capacités d’accueil en psychiatrie. Il l’est également pour l’hébergement et les soins à domicile des personnes âgées. La situation est un peu moins favorable pour les soins de suite, dont la répartition sur le territoire n’est pas optimale. De même, l’hospitalisation à domicile reste peu développée dans la région (74 places), avec des zones totalement dépourvues comme les territoires du Puy, Saint-Flour, Thiers-Ambert et Issoire-Briourde. Enfin, les capacités régionales de prise en charge du handicap apparaissent très contrastées selon les tranches d’âge, avec des chiffres satisfaisants pour les moins de 20 ans, mais très moyens au-delà.
En chiffres :
64 établissements de santé en Auvergne, dont 42 % appartiennent au secteur public qui compte notamment 1 centre hospitalier universitaire, 12 centres hospitaliers et 13 hôpitaux locaux
5 fois plus de lits de chirurgie dans le Puy-de-Dôme qu’en Haute-Loire, pour une population 3 fois plus nombreuse
15 400 lits en maisons de retraite
1/3 des patients de Haute-Loire est hospitalisé hors d’Auvergne, sur le secteur de Saint-Étienne. A contrario, les hôpitaux de Montluçon, Moulins, Aurillac, Mauriac et Saint-Flour soignent de nombreux patients d’autres régions.
11 stations thermales, qui attirent chaque année près de 50 000 curistes
Sources : CRCI Auvergne - www.auvergne-thermale.com - Ministère de la santé, Rapport de la Mission Démographie médicale hospitalière, Pr. Yvon Berland, septembre 2006 - Mission régionale de santé d’Auvergne, Hospitalisation à domicile : situation de l’offre et des besoins en Auvergne, juillet 2007 – Insee auvergne, Chiffres-clés 2006 - Organisation du système de santé auvergnat : diagnostic partagé ARH/Urcam en Auvergne, décembre 2004
Avec 21 300 professionnels de santé, l’offre de soins auvergnate paraît satisfaisante en valeur absolue. Une analyse plus fine fait pourtant apparaître quelques caractéristiques préoccupantes. À commencer par une inégalité selon les professions en libéral. Si la densité des infirmiers (126 pour 100 000 habitants), des masseurs kinésithérapeutes (84) et des chirurgiens dentistes (64) s’avèrent supérieurs aux moyennes métropolitaines, celle des médecins est en retrait de 3 points pour les généralistes et de 20 points pour les spécialistes. De même, les effectifs des professions paramédicales enregistrent une hausse constante alors que ceux des médecins n’a que peu évolué ces dernières années. L’étude de leur répartition géographique fait apparaître un deuxième déséquilibre. Les médecins spécialistes se concentrent en zones urbaines et péri-urbaines. Quant aux généralistes, s’ils se répartissent davantage dans les territoires de proximité, certains patients mettent néanmoins plus de 20 minutes pour y accéder dans plusieurs secteurs, notamment en altitude. La région compte déjà 22 territoires déficitaires (6 % de la population) en omnipraticiens libéraux. Certains cantons n’ont toujours pas d’infirmiers (Blesle, Alleyras). Tous possèdent en revanche au moins une pharmacie.
L’Allier (se) donne les moyens
Le Conseil général de l'Allier a lancé en 2006 une opération intitulée WANTED étudiants 3e cycle médecine générale. Elle permet l’octroie d’une bourse d’études (de 8 400 € en première année à 18 000 € en troisième année) contre l'engagement de s’installer pour une durée minimale de six ans dans une zone déficitaire en omnipraticiens. Cette initiative a vu son originalité récompensée par le Prix Territoria 2007.
Sources : Conseil Général de l’Allier – Urcam, La santé en Auvergne : état des lieux 2003 - Insee Auvergne, Chiffres-clés 2006 - Mission Régionale de Santé d’Auvergne, Bilan 2006 - Organisation du système de santé auvergnat : diagnostic partagé ARH/Urcam en Auvergne, décembre 2004 - Insee Auvergne, L’année économique et sociale 2006, juin 2007
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