Alors que les chiffres soulignent une progression alarmante du surpoids chez les pré-adolescents, le sport représente-t-il le moyen le plus simple de les éloigner de l'embonpoint ?
Santea.com
Le sport peut-il sauver les jeunes de l'obésité ? Alors que près de 20% des collégiens de sixième présentent un surpoids, une pratique sportive adaptée semble le moyen le plus simple de retrouver ou de conserver la ligne.
Une "évidence" qui nécessitait de s'appuyer sur des données scientifiquement validées. Ce sera bientôt chose faite, grâce à une initiative de la région Île de France, qui a lancé un vaste programme d'étude parmi des classes de sixième.
Lancé par l'intermédiaire du Train de la vie, le programme "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" répond à une volonté de la région Île de France de promouvoir le sport chez les enfants en surpoids.
Restait à démontrer en amont que la pratique sportive ait un réel impact sur l'évolution du poids. "Ce qui apparaît comme une évidence a rarement été étudié chez le préadolescent", explique le Dr Gagnepain-Lacheteau, coordonnatrice du projet pour sanofi-aventis.
Approche scientifique
"Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" s'est structuré autour d'une approche scientifique et médicale, au protocole très encadré, afin d'obtenir des données fiables et caractéristiques des jeunes et des adolescents. "L'Essonne est un département hétérogène, dans lequel on retrouve une représentation des milieux ruraux et urbains, et des différentes catégories socioculturelles ; les résultats obtenus peuvent donc être analysés en fonction de ces éléments", précise Anne Gagnepain-Lacheteau.
Test d'évaluation
Les différentes composantes de l’activité physique déclarée ont été mises en relation avec des mesures objectives de l’aptitude physique. Pour évaluer le niveau d’activité physique un questionnaire adapté à la tranche d’âge des collégiens a été utilisé. Puis les élèves ont subi un test d’évaluation (Athletest©) des différentes composantes de l’aptitude physique à l’aide d'une série de neuf tests physiques.
Premiers résultats
Le recueil et l'analyse de données se poursuivent afin de préciser les différents axes d'étude. Toutefois, les premiers résultats sont déjà connus et mettent en évidence une augmentation de la prévalence du surpoids chez les préadolescents. Désormais, 18.3% des sixièmes sont en surpoids et 4.1% sont obèses selon les normes internationales.
Niveau pratique sportive, 52.2% des garçons déclarent réaliser 20 min d’activité intense plus de trois jours par semaine contre 32% des filles. Trois fois 20 mn de sport intensif, qui symbolisent le seuil minimal pour entretenir un poids de forme ou s'en rapprocher.
Constat rassurant : "75 % des enfants ont une attitude positive vis-à-vis du sport. Preuve qu'il est possible de changer les mentalités et d'augmenter leur motivation à la pratique du sport dans ce créneau d'âge", se réjouit le Dr Gagnepain-Lacheteau.
Etudes en cours
Les enfants en surpoids ont été inclus dans un circuit médico-sportif spécifique, utilisant les clubs sportifs extrascolaire de leur secteur. Il s’agira, dans un second temps, de voir si une pratique sportive régulière et adaptée à leur corpulence retentit favorablement sur leur poids et leur bien être.
Premières analyses en cours et réponse définitive fin 2008.
Recommandations nationales
"Les données recueillies sont collectées par un collectif d’experts, avec pour objectif la mise en place de recommandations spécifiques nationales, voire européennes. Des conseil de prévention et de prise en charge adaptés aux caractéristiques physiologiques des préadolescents", précise le Dr. Gagnepain-Lacheteau. "De plus, une labellisation de ce projet sera proposé aux responsables du PNNS, afin d’en permettre une propagation des informations à plus grande échelle".
Autre perspective : le CROSIF (Comité Régional Olympique et Sportif d'Île de France) souhaite graver des DVD réunissant les tenants et aboutissants du projet en vue d'une diffusion des recommandations dans les milieux associatifs et sportifs.
Expatriation
Le programme "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" suscite un vif intérêt par delà les mers et les frontières. Ainsi, la Tunisie espère-t-elle monter au plus vite un projet similaire, afin d'obtenir des données précises sur lesquelles appuyer des actions préventives.
Une urgence sanitaire, dans un pays où l'obésité infantile est en pleine expansion, et les complications cardio vasculaires extrêmement fréquentes, dans une population qui associe volontiers plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires.
Objectifs
Projet de la région Ile-de-France, le programme "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" a été lancé en septembre 2006 et s'étendra jusqu'à fin 2008. Une période correspondant à une année scolaire pleine, complétée par un recueil de données l'année suivante.
Les trois principaux objectifs :
- prévenir l’apparition du surpoids et le développement de l’obésité par une promotion de l’activité physique chez les enfants scolarisés au collège.
- valider une méthode d’évaluation de l’aptitude physique initiale et de prescription d’activité physique chez des enfants en surpoids.
- mesurer les effets de la formation des éducateurs à la prise en charge de ces enfants.
Moyens
Le projet s'articule autour d'une vaste enquête réalisée sur des collégiens de l’Essonne entrant en classe de 6° et répartis sur quatre collèges des Ulis et de la Norville, pour un total de 27 classes (19 enseignants) et 632 élèves.
Dans deux collèges, les personnes encadrant l’activité par le sport ont bénéficié d’une formation spécifique à la prise en charge des enfants en surpoids.
Dans les deux collèges témoins, cette formation n'a pas été dispensée.
Acteurs du projet :
Médecins et infirmières scolaires
Educateurs sportifs
Professeurs d’éducation physique et sportive
Médecins des centres médico-sportifs et des centres de prévention de l’Essonne
Partenaires :
- Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports d’Ile de France (DRJS)
- Comité Régional Olympique et Sportif d’Ile de France (CROSIF)
- Conseil Général de l’Essonne
- Inspection Académique de l’Essonne
- Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales d’Ile de France (DRASSIF)
- Ordre National des Pharmaciens
Directeur du pôle départemental de médecine du sport du Conseil général de l’Essonne, le Pr. Charles-Yannick Guezennec est à l'initiative du projet du programme "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps". Il revient sur les premiers enseignements et les réflexions qui en découlent.
Santea.com : Quels sont les résultats préliminaires de "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" ?
Pr. Guezennec : Ce programme, déclinaison d'une étude similaire menée en 1996, a permis d'estimer l'évolution du poids chez les préadolescents, avec dix années de recul.
Les premières analyses nous ont montré une nette augmentation de la prévalence du surpoids et de l'obésité, avec désormais plus de 20% de surcharge pondérale, dont 4,1% d'obésité.
La pratique sportive est, quant à elle, conforme aux recommandations nationales pour 50% des élèves. Reste à motiver l'autre moitié, qui s'avère d'ailleurs plutôt réceptive.
Santea.com : Quel est l'impact du sport sur le surpoids ?
Pr. Guezennec : La seconde partie du programme cherche à vérifier si l'activité physique a un réel impact sur l'évolution pondérale. Pour ce faire, nous avons mis en place des programmes appropriés aux élèves en surpoids.
Tous les résultats ne sont pas encore connus, mais les premières tendances se détachent. Il semblerait ainsi qu'une pratique physique régulière limite la prise de poids et permettent une stabilisation chez les enfants enrobés. Pour un amaigrissement, cette activité physique doit s'accompagner d'un régime alimentaire approprié.
Santea.com : Comment inciter les enfants à pratiquer un sport ?
Pr. Guezennec : L'idéal serait d'augmenter le nombre d'heures de cours d'activités physiques et de coupler cet enseignement à une plus grande incitation à l'inscription en club. Hélas, la liste des associations sportives locales est souvent méconnue des établissements scolaires.
Le lien entre milieu associatif et éducation national doit donc être amélioré, afin que les professeurs d'EPS puissent orienter les élèves en fonction de leurs goûts et de leurs aptitudes.
Santea.com : Existe-t-il d'autres freins au développement de l'activité physique extrascolaire ?
Pr. Guezennec : Outre la méconnaissance des clubs sportifs, le principal frein est la répartition chaotique des lieux de pratique. Sans oublier les tarifs, parfois inaccessibles pour les familles à faibles revenus. Frais d'inscription, matériel et visite médicale représentent un budget conséquent, à multiplier par X enfants.
Ces freins entraînent une véritable réflexion sur l'intégration de la pratique sportive dans le mode de vie. Certes, il convient d'instaurer un meilleur maillage des infrastructures dans le tissu urbain, mais comment ? Faut-il privilégier la pratique encadrée ou celle spontanée ? Et comment sensibiliser les enfants en surpoids ?
Santea.com : Quels sont les répercussions attendues de l'étude "Bien dans ton sport, mieux dans ton corps" ?
Pr. Guezennec : Nous espérons valider des résultats aboutissant à la création de recommandations solides. Des recommandations qui trouveront écho, je l'espère, chez les principaux récipiendaires que sont l'éducation nationale, les clubs associatifs et les responsables de l'urbanisme.
Le mouvement sportif français marche plutôt bien. Il faut profiter de cet élan et optimiser son fonctionnement par le biais d'actions efficaces et d'interactions renforcées.
L'approche sanitaire passera nécessairement par un renouvellement de la formation des éducateurs. Aujourd'hui, ces derniers se contentent de dépister les champions et laissent généralement de coté les "moins doués". Demain, ils devront être autant sensibilisés au dépistage de l'élite qu'au soutien des enfants en surpoids. Le bien être et la santé devront faire partie intégrante de la prise en charge sportive.
Dans le prolongement du Train de la Vie (10 mars-15 avril 2005), sanofi-aventis a lancé le projet Agir pour la prévention. Objectif : mobiliser tous les acteurs de santé locaux autour de projets communs. 7 projets ont été retenus sur l’ensemble de la France.
Surpoids, manque d’exercice, surexposition au soleil, tabagisme… nos petites dérives quotidiennes sont à l’origine de maladies devenues de vrais enjeux de santé publique. En effet, cancers et pathologies cardiovasculaires sont porteurs d’une mortalité croissante. Leurs facteurs de risque sont pourtant bien connus.
Du 10 mars au 15 avril 2005, sanofi-aventis et ses partenaires ont organisé le Train de la Vie. L’exposition itinérante a sillonné la France sensibilisant plus de 110 000 visiteurs (dont 15 000 jeunes) à l’importance de préserver son capital santé, à tout âge et chacun à son rythme.
Sanofi-aventis a souhaité poursuivre cette initiative et pérenniser la dynamique créée par le Train dans les villes traversées. L’idée : soutenir des actions concrètes et innovantes de prévention, dans le cadre de partenariats locaux.
Agir pour la Prévention prolonge par des actions concrètes l’information délivrée par le Train de la Vie. Les professionnels de santé (spécialistes, médecins généralistes, pharmaciens…) ne sont pas les seuls concernés : acteurs institutionnels (représentants santé des mairies, Caisses régionales d’Assurance Maladie…) et scolaires (rectorat, IUFM, établissements scolaires…) ont un rôle important à jouer. La prévention est l’affaire de tous.
Chaque étape du Train de la Vie a donné lieu au lancement d’une réflexion locale lors d’une table ronde. Acteurs de santé, professionnels et institutionnels se sont donc organisés en groupes de travail locaux. Chaque ville pouvait présenter un ou deux projets de prévention en lien avec les maladies cardiovasculaires et/ou les cancers.
Des projets qui devaient :
- répondre aux besoins locaux,
- favoriser la multidisciplinarité et la prise en compte globale de la personne,
- être porteurs d’objectifs précis, d’une méthodologie arrêtée, et d’un suivi rigoureux.
L’impact et les résultats de ces projets devaient pouvoir être concrètement mesurés.
Trente-trois projets issus de la France entière ont été soumis au Comité scientifique. Sept projets ont ainsi été retenus, auxquels sanofi-aventis apporte une dotation totale d'un million d’euros, réparti selon les besoins exprimés par chaque responsable de projet.
Ces différentes actions ont un point commun : la plupart d’entre elles ont voulu privilégier les enfants, comme bénéficiaires mais également comme acteurs de la prévention. Car sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge, c’est favoriser un mode de vie équilibré à l’âge adulte mais pas seulement… c’est aussi toucher et sensibiliser parents et enseignants, et les inciter à changer eux aussi leurs comportements.
Ville | Projet |
|---|---|
Clermont-Ferrand | Etre et savoir, l’école de la santé |
Lyon | Enfant-parent, le duo qui bouge |
Nice | La vie au Zénith |
Lorient | Bouge ton cœur, croque la vie ! |
Nancy | Maman, papa, bougeons ensemble |
Paris | « Bien dans ton sport, mieux dans ton corps » |
Montpellier | Promotion de et prévention par l’automesure du tour de taille |
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