Face à l'augmentation des consultations d'urgence en psychiatrie de l'enfant et surtout de l'adolescent, l'Association francophone pour l'étude et la recherche sur les urgences psychiatriques (AFERUP) a décidé de placer, pour la première fois, ce thème au coeur de ses Journées qui se tiendront à Saint-Etienne, les 28 et 29 mars.
Le Quotidien du Médecin, 25 mars 2008
«L'augmentation des consultations urgentes en pédopsychiatrie, explique le Dr Massoubre, est liée à l'apparition, ces dix dernières années, de pathologies induites par des crises psychosociales, c'est-à-dire de mauvaises adaptations aux événements de vie comme le divorce ou la précarité des parents », indique le Dr Catherine Massoubre, pédopsychiatre au CHU de Saint-Etienne et présidente de l'AFERUP. La situation réclame aujourd'hui une réorganisation de l'offre de soins. Peu de CHU disposent aujourd'hui de lits d'urgence en pédopsychiatrie et les moins de 15 ans sont dirigés en pédiatrie, «où les soignants disent être confrontés à des situations qu'ils maîtrisent mal», commente le Dr Massoubre. Au-delà de cet âge, ils sont orientés chez les adultes «et mélangés à une population psychiatrique, ce qui n'est pas facile à gérer», poursuit-elle. Le plan Psychiatrie et Santé mentale 2005-2008, qui dressait un état des lieux de la pédopsychiatrie, concluait également à la nécessité de «renforcer les soins». Pour l'heure, les moyens alloués semblent loin d'être à la hauteur des enjeux.