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La consommation de cocaïne se banalise en France


Malgré une stabilisation globale de la toxicomanie, la consommation de cocaïne, autrefois réservée aux milieux défavorisés et à la « jet set », a gagné les classes moyennes et augmente chez les jeunes.

Panorama du Médecin, 17 décembre 2007


En France, la consommation de tabac et d’alcool diminue globalement, celle du cannabis se stabilise et l’usage de l’héroïne par voie intraveineuse a quasiment disparu après l’épidémie de sida. En revanche, la consommation de cocaïne augmente ainsi que de nouvelles addictions dites comportementales comme les achats compulsifs et l’addiction à Internet semblent se développer.
Selon les enquêtes Escapad, réalisées lors des journées d’appel de préparation à la défense, le pourcentage d’adolescents de 17 ans ayant expérimenté la cocaïne a presque triplé entre 2000 et 2005. De son côté, le Baromètre-Santé 2005 indique que 3,9 % des 26-44 ans ont essayé la cocaïne. Au total, 1,1 million de Français ont déjà pris au moins une fois de la cocaïne (chiffre de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies).
Une explication : l’accès à cette drogue est devenu beaucoup plus facile et les prix ont été divisés par quatre en quelques années. Autrefois cantonnée aux milieux défavorisés (sous forme de crack) ou à la « jet set » (freebase), son usage s’est étendu aux classes moyennes.
Par ailleurs, l’association de plusieurs produits licites (alcool, tabac, benzodiazépines ...) et la consommation festive se développent. A 12 ans, 12 % des garçons et 6 % des filles ont déjà connu l’ivresse. Près de la moitié des jeunes de 17 ans déclarent avoir été ivres au cours de l’année et 10 % au moins 10 fois au cours de cette période. Pour le Pr Michel Reynaud (Villejuif), cette augmentation de la consommation d’alcool chez les jeunes date de 4 ou 5 ans et celle de la cocaïne de 3-4 ans.