Au vu d’échantillons retrouvés dans un hôpital de l’ex-Léopoldville, des chercheurs américains, congolais, français et belges estiment que le virus du sida est apparu plus tôt qu’on ne le croyait.
Panorama du Médecin, 6 octobre 2008
Il y a quelques mois, des biologistes ont trouvé dans l’ancien hôpital général de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), 27 échantillons de tissus humains conservés dans de la paraffine, datant de 1958 à 1960. En les analysant, ils ont découvert la trace du virus du sida dans un prélèvement de ganglion lymphatique provenant d’une femme et datant de 1960.
Ils ont ensuite comparé celui-ci au plus ancien virus humain disponible (de 1959), provenant de la même ville. Résultat : les séquences génétiques de ces deux virus étaient déjà très divergentes (12 % de différences). Aussi les chercheurs estiment-ils, compte tenu de la grande vitesse de mutation du VIH, que leur ancêtre commun – un ancien virus de l’immunodéficience des singes (SIV) qui infecte naturellement les chimpanzés d’Afrique centrale et de l’Ouest - était forcément plus ancien qu’on ne croyait. Selon eux, il aurait commencé à circuler chez l’homme entre 1884 et 1924, et non pas après les années 30 comme on le croyait jusqu’ici.
Source : Worobey W et al. Nature, 01/10/08