Difficile de diagnostiquer et de traiter un syndrome douloureux diffus et chronique dont les mécanismes physiopathologiques sont mal élucidés…
Panorama du Médecin, 29 janvier 2007
La fibromyalgie est-elle une véritable maladie ? A la demande du ministre de la Santé, un groupe de travail de l’Académie nationale de Médecine s’est penché sur cette entité médicale particulière. Plusieurs raisons expliquent son manque de reconnaissance et, par voie de conséquence, la mauvaise prise en charge des patients fibromyalgiques. Primo, le caractère subjectif des troubles, dominés néanmoins par des douleurs musculaires diffuses, une fatigue souvent intense et des troubles du sommeil, accompagnés d’anxiété ou de dépression. Secundo, la maladie n’est sous-tendue par aucune anomalie anatomique ni aucun signe biologique caractéristique. Tertio, exceptée la douleur diffuse, les symptômes ne sont pas constants. Enfin, les patients n’ont pas de profil psychologique spécifique et il est impossible de relier ce syndrome à un trouble uniquement psychogène. Par ailleurs, ses mécanismes physiopathologiques ne sont pas clairs.
Conscients de ces difficultés, les auteurs de ce rapport (Prs Ch.-J. Menkès et P. Godeau) recommandent une prise en charge individualisée et multidisciplinaire (rhumatologue, rééducateur, psychiatre…). Les traitements médicamenteux sont en effet assez décevants et il faut souvent recourir à différentes stratégies thérapeutiques : thérapies cognitives et comportementales, techniques de relaxation, acupuncture… Un espoir à l’horizon : grâce aux progrès de l’imagerie médicale, les chercheurs commencent à entrevoir des explications et penchent pour un désordre central de la modulation douloureuse.