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La maladie expliquée  

L’ostéoporose est aussi masculine

L’ostéoporose masculine a longtemps été sous-estimée. Certes, cette fragilité osseuse est moins fréquente chez l’homme mais elle existe. Ainsi, après 50 ans, un homme sur cinq est à risque de fractures ostéoporotiques

Paru le 25/10/2007 - Mise à jour le 22/10/2007

L’ostéoporose, qu’est-ce que c’est ?

  • Selon la définition de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la résistance osseuse conduisant à une augmentation du risque de fracture.
    C’est ce risque de fracture qui fait toute la gravité de l’ostéoporose.

  • L’ostéoporose est une maladie qui touche 3 à 6 % des hommes de plus de 50 ans contre 13 à 18 % des femmes de la même tranche d’âge (2). Cependant, les fractures sont plus graves chez l’homme que chez la femme, notamment en termes de mortalité. Après une fracture vertébrale, la mortalité à 5 ans est 2 fois plus élevée chez l’homme. Après une fracture de la hanche, la mortalité à un an est 2 à 3 fois plus élevée chez l’homme (2).

  • L’homme est moins prédisposé que la femme à l’ostéoporose pour deux raisons :

    • la période prépubertaire du garçon survient deux ans après celle de la fille, ce qui lui permet d'acquérir une masse osseuse plus importante,

    • lors du vieillissement, la perte osseuse est régulière, sans pic de déminéralisation, comme celui qui, chez la femme, est dû à la carence hormonale de la ménopause.

Les fractures ostéoporotiques

  • On appelle fracture ostéoporotique (par fragilité osseuse) une fracture survenue spontanément ou pour un traumatisme de faible énergie (c’est-à-dire inférieur ou égal à l’énergie d’une chute de sa hauteur à l’arrêt ou à la marche).

  • Si l’ostéoporose masculine a longtemps été sous-estimée, il faut réaliser aujourd’hui que 20 % des hommes de plus de 50 ans auront une fracture ostéoporotique avant la fin de leur vie (1). Chez l'homme, l'ostéoporose est liée dans 60% des cas à des facteurs de risque ou à des pathologies favorisantes (1).

  • Les fractures caractéristiques de la maladie sont celles des vertèbres (encore appelées improprement tassements vertébraux), de l’extrémité supérieure du fémur (encore appelées fractures de la hanche) et du poignet.
    Les fractures ostéoporotiques peuvent concerner tous les os, sauf le crâne, les vertèbres cervicales, les mains, les chevilles et les orteils.

Les causes de l’ostéoporose masculine

Dans environ 60 % des cas (1) l’ostéoporose est secondaire à :

  • une autre pathologie : hormonale, hépatique, digestive, rénale,

  • un traitement par corticoïdes au long cours,

  • un alcoolisme chronique,

  • une immobilisation prolongée.

Les facteurs de risque sont :

  • la consommation excessive d’alcool,

  • le tabagisme,

  • le manque d’activité physique

  • le manque d’ensoleillement produisant une diminution de la synthèse de vitamine D. Cette vitamine est nécessaire pour l’absorption du calcium alimentaire par l’intestin, et la minéralisation du tissu osseux.

La mesure de la Densité Minérale Osseuse, outil privilégié du diagnostic

  • Les études montrent qu’il existe chez les hommes comme chez les femmes, une relation étroite entre la diminution de la densité minérale osseuse (DMO) et l’augmentation du risque de fracture (3) ; la force de cette relation est identique chez les hommes et les femmes. Pour toute diminution d’une déviation standard de la DMO mesurée à la hanche, le risque de fracture est augmenté de 50%.

  • Depuis Juin 2006, la mesure de la DMO par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) est remboursée chez l’homme (sous certaines conditions), permettant ainsi de lever le frein financier auparavant associé au dépistage.
    Cet examen n’est indiqué que si le résultat peut a priori conduire à une modification de la prise en charge thérapeutique du patient.

- Tarif de base de prise en charge de l’acte : 39,96 euros

Bibliographie

  1. Audran M et al. L’ostéoporose chez l’homme. Rev. Prat. 2004; 54:2127-31

  2. Blain H. L’ostéoporose masculine: épidémiologie, physiopathologie, diagnostic, prévention et traitement. La revue de médecine interne 2004(25) : S552-S559

  3. Schuit SCE et al. Fracture incidence and association with bone mineral density in elderly men and women: the Rotterdam Study. Bone 2004; 34: 195-202.