Plus que la surcharge pondérale, la présence d’une obésité abdominale représente un excellent révélateur des risques cardiovasculaires menaçant l'homo sedentarius.
Paru le 14/11/2006 - Mise à jour le 06/11/2006
Olivier Vachey
Alors que nos ancêtres australopithèques présentaient des constantes biologiques dignes des plus grands sportifs modernes, l'homo sapiens sedentarius, mieux connu sous le nom de "Monsieur tout le monde", s'est littéralement désadapté de son environnement, au point de présenter de gros déséquilibres biologiques (hypercholestérolémie, diabète, hypertension…).
La dépense énergétique individuelle correspond aujourd'hui à 130 Kj/Kg/jour en moyenne. Loin des 200 Kj/Kg indispensables pour éliminer les calories ingérées au quotidien. Résultat, la population prend du poids, au point que 9% des français et 14 % des françaises entre 30 et 64 ans présentent une obésité abdominale*, forme d'obésité particulièrement néfaste pour la santé.
Troubles accrus
L'obésité abdominale correspond à une accumulation de graisse au niveau du tissu adipeux abdominal et des organes viscéraux (foie, intestins, pancréas). Une répartition qui expose à un risque accru d'apparition de troubles physiologiques, le tissu adipeux abdominal altérant le métabolisme glucidique et modifiant les concentrations en cholestérol et en triglycérides.
Les principaux troubles liés à l'obésité abdominale sont l'hypercholestérolémie, l'insulinorésistance, le diabète de type 2, l'hypertension artérielle, l'inflammation et la thrombose. Autant de facteurs accentuant la probabilité d'apparition de syndrome métabolique et son corollaire de maladies cardiovasculaires.
Syndrome métabolique et facteurs de risque cardiovasculaires
Le syndrome métabolique est un concept clinique récent, permettant de mieux identifier les personnes présentant des risques cardiovasculaires. Sa définition repose sur cinq paramètres, mais la présence de trois suffit à porter le diagnostic :
Obésité abdominale
Cholestérol : HDL (bon cholestérol) < 40 mg/dl chez les hommes et < 50 mg/dl chez les femmes (ou sous traitement), Triglycérides > 150 mg/dl (1,7 mmol/L) (ou sous traitement)
Glycémie à jeun > 1 g/dl (ou sous traitement)
Tension artérielle > 130-85 mm Hg (ou sous traitement)
De récentes études ont démontré que la probabilité de survenue d’un accident cardiovasculaire serait multipliée par 2 à 4 chez les individus présentant un syndrome métabolique (15% des adultes en Europe).
Obésité androïde vs obésité gynoïde
Contrairement à l'obésité abdominale dite "androïde", l'obésité "gynoïde" correspond à une concentration de graisses dans les parties inférieures du corps (hanches, fesses et cuisses).
Cet excès de graisses a moins de conséquences sur le métabolisme que dans le cas d'une obésité abdominale, le risque cardiovasculaire restant inchangé.
* Obésité abdominale : périmètre abdominal > 94 cm chez l'homme et > 80 cm chez la femme. Données variables selon les ethnies et les nationalités
Source
Conférence "Prévention des maladies cardiovasculaires". Salon Forme & santé, Paris, 19-22 Octobre 2006.