Vivre après un AVC
Faire face après un AVC
Difficultés à marcher, à parler… les séquelles laissées par l’AVC handicapent la vie de tous les jours. Le moral s’en ressent. Pour ne pas se laisser abattre, il faut être patient, avoir des objectifs modestes. Et se faire aider si la dépression s’installe.
Paru le 23/08/2006 - Créé le 23/08/2006
Santea.com
La dépression, fréquente
Un peu moins de la moitié des patients (40 % d’après une enquête menée pour l’association France AVC) ayant subi un AVC connaissent une dépression à moment quelconque. C’est une réaction compréhensible face aux changements brutaux survenus dans votre vie. Elle peut se manifester par des sentiments de tristesse ou d'isolement, une irritabilité, des troubles du sommeil, une indifférence envers le traitement... Vous aurez alors tendance à refuser toute activité. Votre confiance en vous et votre fierté peuvent être altérées. Ces deux sentiments font partie de la symptomatologie commune à toutes les dépressions importantes, qu'elles soient ou non liées à un AVC.
Des sautes d’humeur
Après un AVC, les émotions sont sens dessus dessous. Vous pouvez ressentir de la peine, de la peur, de la frustration. Vous pouvez rire dans des circonstances tristes et pleurer dans des situations comiques. Vous pouvez avoir des accès de colère ou vous replier en silence sur vous-même. Des sautes d'humeur importantes sont également très fréquentes : vous pouvez tout à coup rire aux éclats et, quelques instants plus tard, pleurer sans pouvoir vous arrêter.
En outre, vous vous posez toutes sortes de questions sur la tenue de la maison sans votre aide pendant un certain temps, sur votre remplacement à votre travail, sur votre récupération, sur vos activités futures. Ces questionnements entraînent souvent une anxiété bien compréhensible
Comment faire face
Votre vie a été bouleversée et, pour faire face à ce chamboulement, il sera bon d'élaborer des projets, de vous fixer des objectifs, sans doute modestes, mais sérieux.
Définissez des objectifs réalistes. Trop ambitieux, ils entraîneront une frustration. Commencez par des objectifs simples pour commencer. Réévaluez souvent vos ambitions. Concentrez-vous sur les petits progrès (réussir à boutonner un vêtement, à nouer des lacets, à mettre des boucles d'oreille...). Ne vous comparez pas aux autres. Ce qui paraît simple à l'un est pour un autre une entreprise difficile.
Consignez tout cela dans un journal si cela vous est possible. Vous pourrez mieux constater et apprécier vos progrès sur la durée.
Maintenez des relations sociales. Invitez des amis ou des proches pour vous sentir moins isolé.
Joignez-vous à un groupe de soutien aux victimes d'AVC. Vous parlerez de vos problèmes avec des personnes qui savent exactement ce que vous vivez. Dans plusieurs villes, des bénévoles rendent visite aux patients qui ne peuvent se rendre aux réunions. Devenir bénévole à votre tour peut se révéler une excellente façon de se sentir utile et d'alléger vos tracas. (www.franceavc.com)
En parler, se faire aider
Si vous n'exprimez pas vos émotions, elles s'aggraveront. Il faut accepter que tout ce qui vous agite n'est pas mauvais, mais normal et prévisible. Ne tentez pas de vous convaincre que vous n'êtes pas triste, anxieux ou en colère... Ne passez pas votre temps à vous culpabiliser.
Si vous vous sentez vraiment dépassé par les événements ou si vous avez des signes de dépression, parlez-en à votre neurologue, votre médecin traitant, votre médecin rééducateur. Ils vous conseilleront peut-être de consulter un travailleur social, un psychologue ou un psychiatre.
Ne perdez jamais espoir : au fur et à mesure que votre cerveau fonctionnera mieux, vos progrès deviendront de plus en plus évidents.
