
Comment évolue la natalité ? Quelles sont les maladies les plus fréquentes ? Où les professionnels de santé se font-ils le plus rares ? Parce que derrière toutes les grandes tendances nationales se cachent bien des spécificités locales, santea.com dresse pour vous un panorama complet de chaque région de France. Avec trois angles d’analyse : la démographie et l’économie, l’état de santé de la population, l’offre des soins. Dans la région Centre…
Economie et démographie : des atouts solides
Etat de santé : dans la bonne moyenne
Offre de soins : des manques à combler
La ruralité paisible
Les anciennes provinces de l’Orléanais, de la Touraine et du Berry forment l’actuelle région Centre. Ce territoire de plaines est occupé, presque aux deux tiers, par des terres agricoles, en grande partie consacrées aux cultures céréalières et à l’élevage. Le bassin de la Loire (axe ligérien) et ses châteaux scindent le Centre en deux. Avec le nord-est de la région, il concentre la population, qui continue de croître, mais sur un rythme plutôt tranquille. Ce phénomène est partagé par tous les départements de la région, même si le Loiret et l’Indre-et-Loire tirent un peu mieux leur épingle du jeu. A contrario, le Cher et l’Indre affiche un bilan démographique négatif. Le vieillissement de la population, plus marqué au sud, est à l’origine de la faible positivité du différentiel entre les naissances et les décès (solde naturel). Le solde migratoire ne vient pas la compenser. Il est quasi-nul en région Centre, qui peine à attirer de nouveaux habitants malgré d’indéniables qualités.
Repères
6 départements : Cher, Eure-et-Loir, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher et Loiret
39 151 km2, une superficie comparable à celle de la Belgique
2 515 000 habitants, près de deux fois plus qu’en Champagne-Ardenne
27,5 %de la population vit en milieu rural
64 habitants / km2 (vs 112 en métropole)
1 habitant sur 11 a plus de 75 ans (vs 1 sur 12 en métropole)
40 ans de moyenne d’âge pour les habitants de la région (vs 39 ans en métropole)
9,5 % des ménages viennent d’une autre région ou de l’étranger
Sources : Insee chiffres clés, juillet 2008 – Portrait social de la région Centre 2008, Insee Centre – STATISS 2007, DRASS du Centre, août 2007 - Plan régional de santé publique (PRSP) 2005-2009.
Des indicateurs socio-économiques favorables
Les zones d’emploi de Tours et d’Orléans concentrent plus du tiers des emplois. L’activité industrielle, assez diversifiée (pharmacie, électronique, plasturgie, automobile) occupe en région Centre une place plus forte qu’ailleurs. Elle y est aussi en meilleure santé. En revanche, le secteur tertiaire est moins représenté, l’agriculture à peu près autant. Si la croissance de l’emploi s’est montrée inférieure à la moyenne métropolitaine ces dix dernières années, la région Centre reste néanmoins la plus dynamique du bassin parisien, hors Ile-de-France. Elle enregistre moins de créations d’entreprises, mais son taux de chômage demeure en deçà de la moyenne nationale. Les ménages ont, en moyenne, des revenus plus élevés et sont moins souvent bénéficiaires des minima sociaux qu’ailleurs. Ces bons résultats recouvrent cependant quelques disparités. La situation de l’axe ligérien et du nord de la région s’avère nettement plus favorable que celle de l’Indre et du Cher.
Les chiffres-clés
986 493 emplois, dont 90% sont salariés
3e région pharmaceutique de France, en nombre d’établissements (58 sites de fabrication) et en effectif
6,1 % de la population active au chômage* (vs 7,2 en métropole) soit le 4e meilleur rang national
1/3 des salariés des zones d’emplois de Pithiviers et d’Aubigny-sur-Nère travaillent dans l’industrie
1 salarié sur dix travaille à l’extérieur de la région, surtout en Ile-de-France
61,3 % des ménages paient des impôts (vs 57,8% en province)
27 habitants de 20 à 59 ans sur 1 000 bénéficient du RMI (vs 33,4 ‰ en métropole)
* Taux du premier trimestre 2008, Insee
Sources : Portrait social de la région Centre 2008, Insee Centre – Bilan économique et social de la région Centre année 2007, Insee Centre – L’industrie pharmaceutique en région Centre, Chambre régionale de commerce et d’industrie (CRCI), juillet 2004.
Reflet de France
À une poignée de jours près, l’espérance de vie à la naissance en région Centre est identique à la moyenne affichée par la métropole dans son ensemble : 83,8 ans pour les femmes et 76,9 pour les hommes. Cette position médiane, caractéristique d’un état de santé régional plutôt bon, prévaut également pour le taux de mortalité. Une analyse par cause, et par tranche d’âge, permet cependant de dégager quelques spécificités. La région Centre enregistre ainsi, dans les deux sexes, une sous-mortalité pour les maladies de l’appareil circulatoire et pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (lèvres, bouche, pharynx…). À l’inverse, elle affiche une surmortalité significative pour les morts violentes (suicides, accidents de la route) chez les jeunes (15-44 ans) ainsi que pour les décès par psychose alcoolique et dépendance à l’alcool.
Du plus au moins
- Espérance de vie à la naissance :
La plus grande : en Indre-et-Loire pour les femmes (85 ans), dans le Loiret pour les hommes (78 ans)
La plus faible : dans le Cher pour les femmes (82,5 ans) comme pour les hommes (75,2 ans)
-Taux comparatif de mortalité prématurée (décès avant 65 ans pour 100 000 habitants) :
Le plus important : dans le Cher pour les hommes (325,7) comme pour les femmes (138,7)
Le plus faible : dans le Loiret pour les hommes (271,2) et en Indre-et-Loire pour les femmes (116,5)
Sources : Tableau de bord de la région Centre 2007, Observatoire régional de santé (ORS) – PRSP 2005-2009 - Insee, Chiffre clés 2007 - Portrait social de la région Centre 2008, Insee Centre - STATISS 2007, DRASS du Centre, août 2007.
Trois fléaux sur lesquels agir
En région Centre, un décès sur cinq survient avant l’âge de 65 ans. Cette mortalité prématurée est comparable à la moyenne française. Sa baisse se poursuit, mais sur un rythme plus lent qu’au niveau national. Plus de la moitié des décès prématurés régionaux serait évitable via une action sur les facteurs de risque individuels et/ou une meilleure prise en charge par le système de soins. En effet, trois pathologies sont responsables de près de 70 % des décès avant l’âge de 65 ans dans la région : les tumeurs (poumon chez l’homme, sein chez la femme), les morts violentes et l’alcoolisme. Entre 15 et 44 ans, la moitié des décès est due à des traumatismes ou à des empoisonnements. Dans cette même tranche d’âge, les troubles mentaux représentent près du tiers des motifs d’admissions en Affection longue durée (ALD). Tous âges confondus, la consommation régulière d’alcool décroît dans la région, mais plus faiblement qu’ailleurs. Près du tiers des hommes vus en consultation de médecine générale, et une femme sur quinze, présente un profil « à risque » vis-à-vis de l’alcool. Ce thème fait d’ailleurs partie, avec la santé mentale, des priorités régionales de santé publique.
Un territoire impliqué dans le dépistage
- En 1999 : l’Indre s’engage dans l’expérimentation du dépistage organisé du cancer du sein. Généralisé en 2004, ce dispositif affiche aujourd’hui un taux de participation de 59,8 % en région Centre, bien supérieur à la moyenne nationale (50,7 %).
- En 2004 : l’Indre-et-Loire devient l’un des 22 départements pilotes à expérimenter le dépistage organisé du cancer colorectal avant sa généralisation, prévue pour fin 2008.
Sources : Tableau de bord de la région Centre 2007, ORS - Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer du sein 2006 – 2007, InVS, avril 2008 - PRSP 2005-2009.
Une offre hospitalière en léger retrait
La région compte 176 établissements de santé, dont un seul Centre hospitalier universitaire (CHRU de Tours). Le nombre de places qu’ils offrent, rapportés à la population, s’avère un peu inférieur aux moyennes nationales en court séjour (médecine, chirurgie, gynécologie-obstétrique), psychiatrie (adulte et enfant), soins de suite et réadaptation fonctionnelle, ainsi qu’en accueil pour les personnes âgées. En revanche, l’offre régionale s’avère supérieure aux moyennes du pays pour les soins de longue durée, ainsi que pour l’accueil des enfants et des adultes handicapés. À noter que le développement des services de soins à domicile a été plus marqué en région Centre qu’ailleurs ces vingt dernières années, surtout dans le département du Cher, même si le taux d’équipement régional n’atteint pas encore les chiffres nationaux.
Les chiffres
9 lits d’hospitalisation complète pour 1 lit d’hospitalisation partielle
191 lits et places en médecine pour 100 000 habitants (vs 209 de moyenne en France)
123 places en hébergement complet pour 1 000 habitants de 75 ans et plus, soit 4 de moins que la moyenne des régions françaises
1e traitement d’un fibrome utérin par ultrasons en France, au CHRU de Tours le 12 juillet 2007
Sources : CHRU de Tours – Portrait social de la région Centre 2008, Insee Centre - STATISS 2007, DRASS du Centre, août 2007.
Des professionnels en franc déficit
Avec 269 médecins pour 100 000 habitants, la région affiche une densité médicale très inférieure à la moyenne métropolitaine (340). Sa population médicale se répartit équitablement entre généralistes (3 464) et spécialistes (3 296). Les premiers enregistrent, en région Centre, leur densité la plus faible de France. Les spécialistes connaissent une situation comparable, et toutes les disciplines, médicales comme chirurgicales, sont concernées. Ce sous-effectif s’applique aussi à d’autres professionnels de santé : chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmiers (densité la plus basse de France). Seuls les pharmaciens font mieux, avec une densité proche de la moyenne nationale… malgré un taux de fuite important : 58 % des étudiants en pharmacie formés à la faculté de Tours ont choisi d’exercer hors de la région !
Médecins : la formation en question
1 faculté de médecine (Tours)
84 docteurs en médecine diplômés au terme de l’année universitaire 2005-2006
214 places ouvertes en 2e année de médecine (numerus clausus) en 2008, contre 106 en 2001
41% des médecins installés de la région ont été formés à Tours, 31% ont soutenu leur thèse à Paris
Sources : PRSP 2005-2009 - Portrait social de la région Centre 2008, Insee Centre - STATISS 2007, DRASS du Centre, août 2007 – Les différents métiers exercés par les pharmaciens en régions Centre, DRASS du Centre, mars 2008.
Des situations disparates
La présence du CHU en Indre-et-Loire joue indéniablement les aimants. Ce département est celui qui enregistre les densités médicales les plus fortes. Il concentre notamment le tiers des spécialistes de la région. Le Loir-et-Cher se situe en deuxième position. Le Cher arrive bon dernier pour la densité de médecins généralistes, l’Indre pour celle des spécialistes. À noter que les agglomérations d’Orléans et de Montargis connaissent une situation de fragilité pour les médecins généralistes, mais aussi pour les infirmiers.
Semi pénurie en zone verte
1 300 communes rurales, qui regroupent un quart de la population régionale, n’ont pas de médecins. Leurs habitants peuvent néanmoins accéder à un praticien dans un rayon de 10 km.
Source : PRSP 2005-2009.