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En région

Alsace

Alsace : votre région à la loupe

Comment évolue la natalité ? Quelles sont les maladies les plus fréquentes ? Où les professionnels de santé se font-ils le plus rare ? Parce que derrière toutes les grandes tendances nationales se cachent bien des spécificités locales, santea dresse pour vous un panorama complet de chaque région de France. Avec trois angles d’analyse : la démographie et l’économie, l’état de santé de la population, l’offre des soins. En Alsace…

Économie et démographie : une région dense et prospère

Petite, mais costaud !

La région Alsace s’étale le long des frontières avec l’Allemagne et la Suisse. Son relief allie plaines, collines et montagne vosgienne. C’est la plus petite des régions de métropole, mais aussi l’une des plus denses et des plus urbaines. Ses trois grandes agglomérations (Strasbourg, Colmar, Mulhouse) rassemblent près de la moitié de la population. Elles côtoient un dense réseau de villes petites et moyennes. Côté démographique, l’Alsace dispose d’un atout majeur : la jeunesse de sa population. C’est la 2ème région la plus jeune du pays, derrière l’Ile-de-France. De ce fait, elle enregistre un solde naturel (différentiel entre les naissances et les décès) très excédentaire. Son solde migratoire est également positif. Et si l’Alsace semble avoir perdu un peu de son attractivité pour les habitants des autres régions de France, elle continue d’attirer les étrangers, notamment Allemands et Suisses. Résultat ? La population régionale enregistre une croissance continue depuis une vingtaine d’années, sur un rythme plus rapide que la moyenne nationale.

Les chiffres-clés :
8 280 km2 de superficie, c’est 5 fois moins que la région Rhône-Alpes
2 départements : Haut-Rhin et Bas-Rhin
1 829 000 habitants aujourd’hui, 2 065 000 en 2030
+ 65 000 habitants en 5 ans, les 2/3 sont dus au solde naturel
217 habitants au km2 (109 de moyenne nationale), soit la 3e plus forte densité derrière l’Ile-de-France et le
Nord Pas-de-Calais
9 Alsaciens sur dix vivent en zone à dominante urbaine
81 % de la population a moins de 60 ans
2h 19 pour aller de Paris à Strasbourg avec la nouvelle ligne TGV, en service depuis le 10 juin 2007

Sources : Année économique et sociale 2007, Insee Alsace, juin 2008 - Statiss 2006/2007, DRASS Alsace, janvier 2008 - Insee Alsace, chiffre-clés 2007 - Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, Observatoire régional de la santé d’Alsace (ORSAL), juillet 2005 - Croissance de la population alsacienne et immigration, Chiffres pour l’Alsace, revue n°34, Insee (Alsace), septembre 2006.

Des indicateurs économiques au beau fixe

L’économie alsacienne figure parmi les plus dynamiques du pays. Comme ailleurs, le secteur tertiaire joue les moteurs de croissance, avec une spécificité régionale : de nombreux Alsaciens travaillent en Allemagne et en Suisse, où les salaires sont très attractifs. La région se caractérise aussi par l’importance de son industrie. Ce secteur d’activité y est très diversifié (automobile, agroalimentaire, mécanique, chimie…), un atout qui permet à la région de mieux supporter les turbulences conjoncturelles. Ses bons résultats économiques en témoignent. L’Alsace affiche un nombre de créations d'entreprises record, dans ses deux départements. Elle contribue davantage au PIB du pays que ne le voudrait le nombre de ses habitants. Son taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale. Les Alsaciens ont un revenu net imposable parmi les plus élevés en France, et cette richesse est assez bien répartie. De ce fait, les bénéficiaires de minima sociaux sont, en proportion, moins nombreux qu’ailleurs.

Repères :
56 % des actifs employés dans les services, et plus du 1/4 dans l’industrie
15 122 hectares consacrés aux vignobles
3èmerégion industrielle de France
33 % d’ouvriers dans la population active (27% en moyenne métropolitaine)
65 000 Alsaciens travaillent en Suisse ou en Allemagne
1er rang des régions de province pour le montant moyen du revenu net imposable
6,3 % de la population active au chômage (7,2% en métropole) *
4,5 % de la population bénéficie de la CMU complémentaire (6,8% de moyenne en métropole)
* Chiffres Insee du premier trimestre 2008

Sources : Chiffres clés pour l’alsace, Chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg et du Bas-Rhin, juillet 2007 - Chiffres pour l’Alsace, revue n°44, Insee Alsace, mai 2008 - Statiss 2006/2007, DRASS Alsace, janvier 2008 - Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005 - La région en fait et en chiffres, Insee Alsace, 2008 - Présentation de la région, Insee Alsace, 2008

État de santé : des avancées à conforter

En progrès rapide

La situation sanitaire de l’Alsace est en franche amélioration. L’espérance de vie à la naissance a bien progressé : plus de 5 ans de gain pour les hommes, et plus de 3 ans pour les femmes, ces vingt dernières années. L’Alsace est l’une des régions où ce paramètre progresse le plus vite, sans parvenir toutefois à atteindre la moyenne nationale pour la population féminine. L’Alsace est également la région de France où la mortalité diminue le plus rapidement, même si elle demeure encore supérieure aux chiffres nationaux (+ 11 % pour les femmes, + 4% pour les hommes). Spécificité régionale : cette surmortalité n’apparaît qu’à partir de 65 ans. Avant cet âge, le risque de décéder est moins important en Alsace qu’ailleurs en métropole.

En 2 comparaisons :
- Un nouveau-né francilien peut espérer vivre, en moyenne, 1 an et demi de plus qu’un nouveau-né Alsacien
- Un Alsacien vit, en moyenne, 6 ans de moins qu’une Alsacienne (77 ans contre 83 ans)

Sources : Plan régional de santé publique Alsace 2006-2008 – Insee chiffres-clés 2008 – Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005 – Statiss 2006-2007, DRASS Alsace, janvier 2008.

Plus de cancers, de maladies cardiovasculaires et de diabète

Avec plus de 7 700 nouveaux cas par an, l’incidence des cancers en Alsace demeure une des plus fortes de France. La mortalité régionale pour cette cause s’avère légèrement supérieure à la moyenne nationale (+ 5 %). Cette surmortalité s’explique notamment par la fréquence des décès par cancer colorectal (2ème taux le plus élevé de France) et du rein (1er taux). Pour les femmes, sont plutôt en cause le cancer du poumon (surmortalité de 26 %), de l’utérus (+24%) et des ovaires (+ 24 %). Autres pathologies préoccupantes en Alsace : les maladies cardiovasculaires. Malgré une amélioration de la situation, la région connaît encore une nette surmortalité (+ 17 %). Quant au diabète, sa fréquence régionale serait supérieure de 30 % à la moyenne nationale. Ce trio de pathologies est en lien, pour partie, avec le mode de vie. Promouvoir une alimentation équilibrée et une activité physique régulière fait d’ailleurs partie des grandes priorités du Plan régional de santé publique.

Les tiques attaquent
La maladie de Lyme, une infection transmise par les tiques, bat des records de fréquence en Alsace : 200 cas par an pour 100 000 habitants. C’est la plus forte du pays, suivi de celle du Limousin. Les cantons les plus touchés sont Thann, Lapoutroie, Saint-Amarin, Schirmeck et Villé.

Sources : La maladie de Lyme, Données du réseau de surveillance de la maladie en Alsace mars 2001 / février 2003, INVS, mars 2005 - Plan régional de santé publique Alsace 2006-2008 – Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005.

Du côté des jeunes

La santé mentale de jeunes semble être plutôt meilleure en Alsace qu’ailleurs. Entre 12 et 25 ans, ils déclarent moins de tentatives de suicide et consomment moins de psychotropes. L’Alsace reste aussi l’une des régions françaises les moins touchées par le VIH-Sida (une vingtaine de nouveaux cas par an). A contrario, c’est la région de métropole où la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents figure parmi les plus élevées de France. En Alsace, un enfant de 6 ans sur six présente une surcharge pondérale, et un sur vingt est obèse, ce qui place la région en 2e position nationale après la Corse.

En chiffres :
57 % des enfants Alsaciens n’ont pas d’activités physiques organisées, 22 % des adolescents alsaciens regardent la télévision plus de 3 heures par jour

Sources : Plan régional de santé publique Alsace 2006-2008 – Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005.

Offre de soins : suffisante, et accessible

Les établissements sont là

La région compte 120 établissements de santé, dont un CHU à Strasbourg. En comparaison, la Haute-Normandie, dont la population est équivalente, dénombre 46 établissements de moins. De fait, l’Alsace affiche une situation des plus satisfaisantes en termes d’équipements hospitaliers, même si elle est variable selon le type d’activité. En court séjour, l’offre est importante, à tel point qu’elle répond, en partie, aux besoins de la population proche issue de Lorraine. Le taux d’équipement alsacien est également supérieur à la moyenne nationale en psychiatrie infanto-juvénile. Il est quasi-équivalent à la moyenne nationale en soins de suite et de réadaptation, mais inférieur pour la psychiatrie adulte. L’Alsace enregistre également une belle progression des alternatives à l’hospitalisation complète et des réseaux de soins. L’offre destinée aux personnes handicapées s’avère plutôt satisfaisante et variée. Enfin, les structures d’hébergement pour personnes âgées sont particulièrement développées en Alsace, mais leur taux d’occupation frôle la saturation (98,5 % dans les services de soins de longue durée).

En chiffres :
2,3 lits et places pour 1 000 habitants en court séjour hospitalier de médecine (2,1 en France métropolitaine)
6 % des courts séjours hospitaliers concernent des personnes domiciliées hors région, essentiellement en Lorraine. A contrario, seuls 2% des Alsaciens sont hospitalisés dans une autre région.
420 800 personnes accueillies aux urgences chaque année, dont 16% sont hospitalisées
133 places d’hébergement pour 1 000 personnes de 75 ans et plus (vs 123 en moyenne métropolitaine)

Sources : Statiss 2006/2007, DRASS Alsace, janvier 2008 - Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005.

Des professionnels plutôt bien implantés

Près de 6 300 médecins exercent en Alsace. Plus de la moitié sont installés en libéral, et parmi eux 60 % sont des généralistes. Rapportée à la population, cette offre régionale égale la moyenne nationale. Et si la densité médicale devrait baisser en Alsace à partir de 2010, ce sera sur un rythme beaucoup moins soutenu que la moyenne des autres régions. De même, les problèmes de répartition de l’offre de soins sont moins sévères dans la région qu’ailleurs. Huit Alsaciens sur dix dispose d’un omnipraticien dans leur commune, et 99% sont domiciliés à moins de 5 kilomètres d’un cabinet médical. La situation est un plus tendue pour les professions paramédicales. Si leurs effectifs ont fortement augmenté dans la région, elle demeure insuffisante pour certaines professions. Ainsi, l’offre libérale de soins infirmiers reste nettement inférieure à la moyenne nationale. Cette faiblesse est néanmoins compensée, dans certaines zones, par l’existence de centre de soins infirmiers. La densité de masseurs-kinésithérapeutes est également inférieure à la moyenne nationale. C’est l’inverse pour les chirurgiens-dentistes.

En proportion :
65 médecins alsaciens sur 100 exercent dans le département du Bas-Rhin
114 médecins généralistes libéraux pour 100 000 habitants (112 de moyenne métropolitaine)
36 % des médecins généralistes et 41% des spécialistes ont plus de 50 ans
10 fois plus de radiologues (163) que de gynécologues médicaux (16) en libéral, et 4 fois plus de laboratoires d’analyses médicales (124) que de pharmacies

Sources : Plan régional de santé publique Alsace 2006-2008 - Statiss 2006/2007, DRASS Alsace, janvier 2008 - Diagnostic sur l’état de santé de la population alsacienne, ORSAL, juillet 2005.