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Ski et genou, un duo choc



Saviez-vous que les entorses du genou sont les accidents de ski les plus fréquents, particulièrement chez la femme ?
Interview du Dr Jean-Dominique Laporte, président de l’association Médecins de montagne.


Quels sont les accidents de ski les plus courants ?
En ski alpin, les entorses du genou prédominent avec des risques de lésions graves qui peuvent, à terme, provoquer une arthrose du genou. Les accidents de snowboard avec fractures du poignet sont également fréquents. Cette année, une hausse des traumatismes crâniens et des lésions du crâne a également été constatée sur les pistes.

Quelles sont les causes les plus fréquentes des accidents de ski ?
La plupart des entorses du genou sont dues à un mauvais réglage des fixations de ski. Comme elles doivent se déclencher à la moindre alerte, il est donc nécessaire qu’elles soient bien réglées. Les collisions se produisent chez des skieurs qui ne réagissent pas instinctivement à des situations imprévues. La raison majeure est imputée à un manque d’entraînement physique. Les accidents de snowboard se produisent le plus souvent chez les débutants qui ne maîtrisent pas suffisamment leur planche.

Quels sont les gestes à connaître en cas d’accident ?
Si vous êtes témoin d’un accident, faites appel aux professionnels qui sont présents sur les pistes ; ils alerteront aussitôt les secours par radio. Surtout, ne jamais composer le 15 ni le 18. Lorsque la personne ne peut pas bouger, mettez les skis en croix près d’elle, pour prévenir les autres skieurs. Si vous êtes victime d’une chute essayez, dans la mesure du possible, de vous écarter de la piste. Sinon, attendez qu’on vous vienne en aide.

Les femmes sont-elles plus touchées par les accidents de ski ?
Pour des raisons physiologiques, les femmes sont davantage sujettes aux entorses du genou. Aussi, faut-il réduire de 15 % en moyenne le réglage des fixations, en particulier chez les femmes de plus de 25 ans qui ne bénéficient pas d’une condition physique exemplaire. Il est important également qu’elles s’échauffent et s’entraînent davantage, avant de dévaler les pistes.

Interview du Dr Jean-Dominique Laporte : 5 janvier 2009


ZOOM : Sont considérés comme débutants les skieurs qui ont pratiqué sept jours de ski en journées cumulées.

LIRE : L’association « Médecins de montagne » regroupe les praticiens exerçant en station de sports d’hiver.
En ligne : http://www.mdem.org


Dépister la lèpre au plus vite !



La lèpre est rarement mortelle mais très mutilante. Elle peut être guérie si le diagnostic est fait dès les premiers signes.

Interview du Dr Pierre Bobin, secrétaire général de l’association des léprologues de langue française (ALFF).


La lèpre reste-t-elle une maladie préoccupante ?

Certes, c’est d’ailleurs pourquoi la 57ème Journée mondiale des Lépreux reste plus que jamais d’actualité. La maladie atteint chaque année 250 000 nouveaux patients (d’après les statistiques officielles mais sans doute beaucoup plus), essentiellement dans les pays du sud. Elle a pour les personnes touchées des conséquences très lourdes. C’est une maladie infectieuse, causée par une mycobactérie, le Bacille de Hansen, qui se transmet par les voies respiratoires ou par contact cutané.

De quels traitements dispose-t-on ?

On administre une polychimiothérapie (PCT*). Rien à voir avec la chimiothérapie anticancéreuse, il s’agit ici de l’association de deux ou trois antibiotiques. Deux antibiotiques sont utilisés pendant 6 mois dans les formes « paucibacillaires » chez des malades qui ont un bon système immunitaire. Contre les formes dites multibacillaires, on rajoute un troisième antibiotique pour une durée de 12 mois.

Le dépistage est clinique (lésions sur la peau) éventuellement confirmé dans les formes multibacillaires par des prélèvements de peau (au niveau des lésions cutanées) ou de mucus nasal ou encore au niveau du lobe des oreilles. On y détecte la bactérie responsable, qui est le bacille de Hansen.

La lèpre est-elle mortelle ?

La guérison est possible, si le diagnostic est précoce, avant l’apparition des signes neurologiques : névrites, paralysies. Le mal évolue lentement, donc il faut traiter le plus tôt possible pour avoir de bonnes chances de réussite.

La mortalité est rare maintenant. Mais, non traitée, la lèpre ronge inexorablement et entraîne paralysie, amputations, troubles oculaires (cécité).

L’image qu’a encore le public est celle de grands infirmes, qu’on rencontrait beaucoup autrefois. On ne devrait plus voir cela, mais on le voit encore en Afrique ou en Asie. Le dépistage y est parfois insuffisant, faute de personnel formé.

Comment se fait ce dépistage ?

Jadis dans les pays d’endémie les équipes médicales allaient dans les villages examiner l’ensemble de la population. On pratique un dépistage passif, l’information de la population par la presse, la radio, la TV. On dit en cas de signes dermatologiques, consultez un médecin. Le dépistage actif, sur une famille par exemple, ne se fait que s’il y a un cas dans une famille…

La contagion est peu importante, il arrive que dans une famille il y ait plusieurs personnes touchées, mais parfois il n’y a qu’un cas. La maladie ne se produit que s’il y a réunion de deux éléments : le bacille et un faible niveau de défenses immunitaires. Une personne qui a de bonnes défenses immunitaires contre le bacille de Hansen se défendra, et il ne développera pas la lèpre.

La lèpre a des conséquences médicales et sociales - le lépreux est un exclu, situation sociale qui s’ajoute au handicap éventuel dû à sa maladie - c’est pourquoi il est important de rester mobilisé contre cette pathologie.


Interview du Dr Pierre BOBIN : 16 décembre 2009

*Site de l'OMS : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs101/fr


Bien vieillir chez soi…

Bien vieillir chez soi…


Pour favoriser un maintien à domicile de qualité, le médecin gériatre effectue une évaluation de l’état de santé (physique et psychique) de la personne âgée…

Interview du Dr Laurence Hugonot-Diener, gériatre à la Consultation mémoire du Centre Mémoire de Ressources et de Recherches (CMRR) d'Ile de France sud et auteure du « Guide pratique de la consultation en gériatrie » (Ed : Masson 2007).



Quel est le rôle du gériatre auprès des personnes âgées en ville ?
Ce spécialiste effectue une « évaluation gérontologique standardisée » (EGS) des patients les plus âgés sur le plan somatique, psychologique et social ; en lui faisant raconter ses journées, il évalue également ses aptitudes fonctionnelles. Cette expertise permet ainsi de déceler d’éventuels troubles des fonctions intellectuelles, des risques de dénutrition, de chutes, une mauvaise observance des médicaments, une dépression… 

Le gériatre assure-t-il une consultation mémoire ?
Des gériatres et des neurologues assurent les consultations mémoire. Outre l’hôpital, des réseaux gériatriques de ville organisent également des visites à domicile pour dépister d’éventuelles pathologies de type Alzheimer. Grâce à un examen standardisé (échelles, tests, examens complémentaires), une équipe pluridisciplinaire peut diagnostiquer l’étiologie des troubles cognitifs.

Que fait le médecin généraliste ?
Il est au cœur du réseau de professionnels chargés d’assurer le suivi du patient âgé à domicile. En cas de perte d’autonomie, l’infirmier (ère) distribue les médicaments et assure les soins de nursing ; les aidants coordonnent l’organisation et veillent à ce que la personne soit bien nourrie. Un manque de protéines entraîne, en effet, une fonte des muscles (sarcopénie), à l’origine de chutes.

Comment retarder l’hospitalisation du patient âgé?
La personne doit être entourée d’un aidant qui assure la coordination des soins à domicile : s’il s’agit le plus souvent d’un proche, des coordinateurs de maintien à domicile se mettent lentement en place. Parallèlement, des accueils de jour thérapeutiques Alzheimer accueillent en journée des patients âgés. Espérons que ces structures puissent se développer un peu partout en France.
La maladie évolue très progressivement et elle est souvent masquée par le patient qui ne s'en rend pas compte.
Interview du Dr Laurence Hugonot-Diener, gériatre : 18 décembre 2009


ZOOM : Si la personne âgée n’a pas besoin de la présence d’une salariée pendant toute la nuit, des gardes de nuit itinérantes peuvent assurer une présence durant un temps limité.
LIRE : Association Côté Familles intervient sur Paris et les Hauts-de-Seine (92).
En ligne : cotefamilles.fr


Augmenter l’adhésion aux campagnes de dépistage

Augmenter l’adhésion aux campagnes de dépistage
Le test permettant la recherche de sang dans les selles favorise un bon dépistage de l’ensemble de la population. Mais l’adhésion à ce programme, encore insuffisante, elle doit être augmentée.
 
Interview du Dr Romain Coriat, gastroentérologue à l'hôpital Cochin (Paris).

 

Quel est le degré de gravité du cancer du côlon ?
Cliniquement, on distingue quatre types, de gravité différente et croissante. Au 1er stade, l’atteinte reste localisée ; au 2ème stade les quelques ganglions concernés par l’atteinte tumorale peuvent être enlevés par chirurgie ; dans un 3ème stade, l’attaque des ganglions est plus importante ; enfin, un dernier stade comprend des métastases.

 

Quel est le pronostic ?
En France, environ 37 400 nouveaux cas de cancer du côlon étaient dénombrés en 2005, faisant ainsi du cancer colorectal, le 3e cancer le plus fréquent. (1) Il est responsable de près de 17 000 décès par an. La survie à 5 ans peut être estimée selon la phase de la maladie lors du diagnostic. Lorsque le diagnostic est établi en stade I, le taux de survie à 5 ans est de 94%. Ce taux est de 80% en stade II, de 47% en stade III. Lorsque le cancer est découvert en phase métastatique, la survie à 5 ans n’est plus que de 5%. (2)

 

On peut donc guérir du cancer du colon ?
Le pronostic est donc associé au stade de développement de la maladie lors du diagnostic : plus le diagnostic est précoce, plus le taux de survie est important. Un cancer colorectal peut être guéri dans 9 cas sur 10, lorsqu’il est dépisté tôt. Il est possible de diminuer de 15 à 20% la mortalité liée à un cancer colorectal en réalisant tous les deux ans, un test de recherche de sang dans les selles, complétée par une coloscopie en cas de test positif. (2) C’est pourquoi l’adhésion à la campagne de dépistage doit être améliorée.

 

Où en est la prévention ?
La campagne d’incitation à la sensibilisation devrait permettre de dépister toute la population. Le test doit être efficace, sensible et à faible coût, ce qui est le cas d’Hémoccult. D’ici 2 à 3 ans, nous aurons sans doute recours à des tests immunologiques plus sensibles, ce qui améliorera l’adhésion à ce programme.
 

(1) Estimation de l’incidence et de la mortalité par cancer en France de 1980 à 2005.
http://www.invs.sante.fr
 

(2) http://www.sante-sports.gouv.fr
 

Interview du Dr Romain Coriat, gastroentérologue à l'hôpital Cochin (Paris) : 28/12/09
 

Zoom : Outre les risques familiaux, une alimentation trop riche en matières grasses et en protéines animales constitue un facteur de risque de développer un cancer colorectal.
 

Lire : En cas d’antécédents familiaux, la surveillance comprend une première coloscopie avant 25 ans.

Cet examen sera répété ensuite tous les deux ans.
 


De l’action à l’addiction !

Si les jeux permettent avant tout aux adolescents de s’évader, le risque d’addiction n’est pour autant pas exclu pour certaines personnalités fragiles… 


Pourquoi les jeux vidéo attirent-ils plus volontiers les adolescents ?

Les jeux vidéo répondent à des besoins fondamentaux : explorer l’inconnu et l’espace, jouer des scénarios archaïques (tuer, être tué). Les adolescents aiment également résoudre une énigme, se lancer des défis à travers des combats, se créer un personnage et rester en lien avec leurs pairs. 

Les jeux vidéo rendent-ils plus nerveux, plus violents ?

Aucune étude n’a prouvé de lien direct entre conduites agressives et jeux vidéo violents. Chez certains adolescents en souffrance (carences affectives, traumatismes psychiques), ils peuvent servir de prétexte pour se livrer à des actes agressifs. Les jeux permettent à d’autres de canaliser cette violence. 

Qu’est-ce qui favorise la dépendance aux jeux vidéo ?

Plus le jeu est évolué et offre des possibilités, plus l’adolescent est tenté de rester longtemps devant l’ordinateur. S’il vit dans un petit espace, il explore le monde à travers son écran, sans être confronté aux dangers extérieurs. Des personnalités fragiles (dépression, phobie) peuvent rester des journées en ligne, sans avoir à se confronter aux autres. 

Le milieu familial exerce-t-il une influence ?

L’adolescent doit parfois faire le choix entre des activités à plaisirs immédiats (jeu, drogue) et des plaisirs différés (activité sportive, musique). Les parents fournissent un cadre pour aider l’adolescent à supporter la frustration qui accompagne l’apprentissage des activités à plaisirs différés ; sinon, il sera tenté par la pratique exclusive de loisirs à sensations immédiates.

Interview du 10 décembre 2009 du Dr Olivier Phan, pédopsychiatre et auteur de « Jeux vidéo et ados ».

ZOOM : Les signes qui doivent alerter les parents 

- Isolement avec retrait progressif de la vie familiale et amicale
- chute du rendement scolaire
- refus d’obéir aux demandes parentales pour souscrire aux impératifs du jeu. 

LIRE : En France 250 adresses de consultations jeunes usagés sur : La MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie). www.drogues.gouv.fr



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