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L’art-thérapie ou l’art de se soigner par la création artistique

L’art-thérapie ou l’art de se soigner par la création artistique…

Cette discipline ne guérit pas mais insuffle au malade un désir de guérir… 

Interview du Professeur Philippe Gallois, neurologue et enseignant d’art-thérapie à Tours

Quelle est la finalité de l’art-thérapie ?

Cette approche pragmatique de la pratique artistique présente des effets bénéfiques pour le patient. En lui faisant redécouvrir ses ressources créatives, l’art-thérapie ne guérit pas mais insuffle au malade un désir de guérir.

Cette discipline ne constitue en aucun un support de psychothérapie : elle n’explore pas l’inconscient pour exhumer les souffrances du patient.

 

En quoi cette discipline constitue-t-elle une démarche positive ?

Le patient réalise une création artistique avec beaucoup de plaisir. Il a la liberté d’exprimer ses émotions, sa sensibilité, sa créativité qui ont été étouffées par la maladie. Son attention n’est plus alors focalisée sur sa souffrance, ses symptômes. Le malade peut s’épanouir même dans un contexte pathologique et retrouver une meilleure estime de lui-même.

 

L’art thérapie favorise-t-elle un autre mode de communication ?

La pratique artistique constitue un tiers, une interface qui permet aux patients de se réapproprier leur monde intérieur, au-delà des mots, et de se recentrer. La communication avec les autres est alors améliorée, ce qui contribue à faire sortir le malade de son isolement et à améliorer sa qualité de vie.

 

Comment se déroule une séance d’art-thérapie ?

Si le théâtre est en priorité destiné aux personnes qui ont des troubles sociaux, la peinture et la danse permettent à certains malades, comme les parkinsoniens ou les traumatisés crâniens, de mieux maîtriser leurs mouvements.

L’art-thérapeute s’attache à objectiver les progrès comportementaux du patient grâce à une grille d’évaluation : sourire, regard, communication…

Interview Pr Philippe Gallois : 16 février 2010

ZOOM : L’art-thérapie se pratique en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire de professionnels du soin : médecin, infirmier, ergothérapeute… 

LIRE : Ecole d’art-thérapie de Tours

Association française de recherche et applications des techniques artistiques en pédagogie et médecine

En ligne : www.art-therapie-tours.net


Manque-t-on de sommeil ?

Quand le sommeil refuse de se soumettre à nos rythmes de vie, au risque de nous faire passer des nuits blanches !
Interview du Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre, spécialiste des troubles du sommeil, et présidente du réseau Morphée.

 

Le manque de sommeil n’est-il pas la rançon des temps modernes ?
Le mode de vie actuel, très actif, a modifié les rythmes de sommeil des Français. Depuis cinquante ans, ils ont en effet, perdu une heure et demie de sommeil par nuit (*). Ils se couchent plus tard, mais se réveillent sensiblement à la même heure que les générations passées. Le sommeil étant considéré aujourd’hui comme une perte de temps, les nuits en pâtissent.

(*)www.institut-sommeil-vigilance.org

 

Quelles sont les répercussions psychiques d’un manque de sommeil ?
Les troubles du caractère, avec irritabilité, difficultés de concentration et de mémorisation constituent les conséquences immédiates d’un manque de sommeil. Après une mauvaise nuit, la fatigue et la somnolence diurnes sont également fréquentes. Les insomnies renforcent les fragilités de certaines personnalités anxieuses ou dépressives. Le manque de sommeil est également le catalyseur de comportements agressifs, violents, en particulier chez les adolescents.

 

Pour bien dormir, il faut savoir s’écouter ?
Une prédisposition génétique sous-tend nos besoins individuels de sommeil. Ainsi, des petits dormeurs n’ont pas besoin de dormir plus de six heures par nuit. À chacun de trouver son rythme de sommeil ! Par ailleurs, croyances et attentes irréalistes contribuent à alimenter le cercle vicieux de l’insomnie : « si je ne dors pas, c’est parce que… ».

 

L’insomniaque ne se sent-il pas exclu ?
Durant une nuit sans sommeil, les émotions sont exacerbées et les préoccupations revêtent une dimension dramatique, ce qui renforce la solitude de la personne insomniaque. Se sentant incomprise par son entourage, elle a un profond sentiment d’injustice. Les ateliers du sommeil (*) permettent à ces personnes de se sentir moins isolées.

(*)www.reseau-morphee.fr

 

Interview du Dr Sylvie Royant-Parola : 09 février 2010
Auteur de « Comment retrouver le sommeil par soi-même ». Ed : Odile Jacob édition poche (2008).


 

ZOOM : Morphée, un réseau de santé consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil

En ligne : www.reseau-morphee.fr/

 


LIRE : Selon une étude aux USA, les élèves souffrant de troubles du sommeil ont plus de “chances” de se voir attribuer de mauvaises notes dans certaines matières comme les maths, la lecture ou l’écriture.

En ligne : http://www.reseau-morphee.fr


Femmes au travail : une double peine



Malgré les luttes pour la parité au travail, des disparités persistent entre les sexes.
Interview du Dr Michel Niezborala, médecin du travail et épidémiologiste.





Les femmes ont-elles des risques de santé spécifiques au travail ?
Les troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs touchent davantage les femmes que les hommes (*). Il s’agit surtout des tendinites de l’épaule, du coude et du canal carpien (poignet). Dans beaucoup de postes occupés par les femmes, les tâches sont souvent répétitives et minutieuses. Après le travail, elles accomplissent les corvées domestiques (balayage…) qui aggravent leurs douleurs.

Les femmes souffrent-elles davantage d’un manque de reconnaissance professionnelle ?
Selon les chercheurs qui travaillent sur les risques psycho-sociaux au travail, les hommes attendent une reconnaissance à travers une progression dans leur carrière, tandis que les femmes cherchent davantage à allier vie professionnelle et vie familiale.

Si les hommes parviennent plus facilement à gravir les échelons, la mobilité des femmes est le plus souvent horizontale : elles changent de travail pour un niveau de qualification égale. Malgré les mesures prises par le gouvernement pour favoriser l’égalité professionnelle, des inégalités entre les sexes persistent.

Et la dépression ?

La dépression s’exprime différemment selon les sexes. Les hommes adoptent des comportements excessifs (alcool, agressivité), tandis que les femmes verbalisent davantage leur mal-être et leurs souffrances, sous forme de symptômes : angoisse, irritabilité, somatisation…

Elles sont davantage consommatrices de soins que les hommes. Actuellement, une consommation importante de psychotropes, en particulier de somnifères, a été constatée chez les femmes employées.

La santé des femmes au travail est-elle suffisamment prise en compte ?

Il y a un réel déficit de connaissances scientifiques sur la santé des femmes au travail. Des études ont été menées sur les risques cancérogènes de certains produits chimiques ; on ne dispose toutefois pas de résultats sur la population féminine qui permettraient de tirer des conclusions significatives. Si certaines recherches portent sur les risques psycho-sociaux chez les femmes, elles demeurent minoritaires.

(*) www.sante.gouv.fr

Interview du Dr Michel Niezborala : 25 janvier 2010

ZOOM : L'observatoire des inégalités : www.inegalites.fr

Cet organisme indépendant publie des analyses, des articles et des enquêtes très détaillées sur les inégalités hommes-femmes.

A LIRE : Rapport sur la santé des femmes en France. Une partie est consacrée sur la santé au travail.

www.sante.gouv.fr/drees/santefemmes/santefemmes.htm


L’infertilité, un lourd tribut à l’endométriose…

L’infertilité, un lourd tribut à l’endométriose…
Souvent diagnostiquée tardivement, l’endométriose est douloureuse à plus d’un titre…

Interview du Pr Emile Daraï - Gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction

Secrétaire général du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF)


Qu’est-ce que l’endométriose ?

C’est la localisation, en dehors de l’utérus, du tissu endométrial. L'endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l'utérus. Les symptômes principaux de cette pathologie sont des règles douloureuses (dysménorrhées), des douleurs au moment des rapports sexuels au fond du vagin (dyspareunie profonde). Peuvent également être associés des troubles du transit, des douleurs à la défécation, à la miction (difficultés pour uriner). Parfois asymptomatique, l’endométriose peut être diagnostiquée à l’occasion d’un bilan d’infertilité.

 

Quelle est son origine ?

L’endométriose est probablement une pathologie multifactorielle dont l’origine demeure inconnue. Plusieurs hypothèses ont été évoquées, en particulier un reflux du tissu endométrial par l’intermédiaire des trompes dans le péritoine ; un déficit immunitaire peut être à l’origine de cette implantation. Si des facteurs, notamment environnementaux, ont été évoqués, l’origine génétique reste difficile à déterminer.

 

Qui touche t-elle ?

L’endométriose peut toucher les femmes de tous âges et, en particulier, les plus jeunes. Elle affecterait 10% des femmes en période de reproduction (*). Des symptômes d’endométriose apparaissent parfois dès la puberté. Dans notre pratique quotidienne, il est actuellement constaté une augmentation de l’incidence de formes graves d’endométriose qui demeure inexpliquée.

 

(*)www.senat.fr

Interview du Pr Emile Daraï: 21 janvier 2009

ZOOM : « De nombreux médecins conseillent à leurs patientes atteintes d'endométriose

de ne pas trop retarder leur première grossesse ».

Source : EndoFrance - www.endofrance.org


Un médecin atteint d'une maladie rare explique...

Un médecin atteint d’une maladie rare explique…
Interview du Dr Marie-Hélène Boucand, auteur de
 : « Le corps mal entendu : un médecin atteint d’une maladie rare témoigne »

Qu’est-ce qu’une maladie rare ou maladie orpheline ?
 Ces deux termes doivent être distingués. Si les maladies « rares » touchent moins d’une personne sur 2 000 (1), sont considérées comme « orphelines » les maladies pour lesquelles il n’existe ni traitement, ni recherche. Près de 80 % (2) de ces maladies rares et orphelines sont génétiques. Dans la plupart des cas, elles sont graves et invalidantes.

(1)www.plateforme-maladiesrares.org

(2) www.sante-sports.gouv.fr

 

Quels sont les signes cliniques des syndromes d’Ehlers-Danlos ?
Cette maladie rare et orpheline touche les tissus de soutien par atteinte du collagène, protéine indispensable à la cicatrisation. Ces syndromes regroupent des affections génétiques différentes qui présentent des signes cliniques communs : des atteintes graves de la peau auxquelles sont associées des fragilités articulaires. Le malade souffre de douleurs chroniques et d’une grande fatigue. Dans une des manifestations graves de la maladie, les vaisseaux et les organes creux (système digestif, utérus) sont également touchés.

 

Le diagnostic de ces maladies rares est-il bien posé ?
 Les malades souffrent d’une grande errance diagnostique qui entretient leur angoisse. Selon une étude (3) faite sur les syndromes d’Ehlers-Danlos, 40 % des malades participant à l’enquête ont reçu un diagnostic erroné avant qu’il soit correctement établi. Or, pour certains malades, le pronostic vital est engagé. Ne se sentant pas reconnus malades par leur entourage, ces personnes doivent affronter leur incompréhension, ce qui accroît leur solitude et leur souffrance.

 (3)« Maladies rares : comprendre une priorité de santé publique », (P 9) Eurordis, novembre 2005.
http://www.eurordis.org

 

Comment est assurée actuellement la prise en charge de ces malades ?
 La plupart des maladies rares ou orphelines ne bénéficient pas de traitements curatifs. Pour les syndromes d’Ehlers-Danlos, seuls les traitements des symptômes sont possibles. Actuellement, il existe près de 131 « centres de référence »(4) en France qui assurent le diagnostic et le suivi des patients atteints de maladies rares ou orphelines.

 (4)http://www.sante-sports.gouv.fr

ZOOM : Beaucoup de patients atteints de maladie rare souffrent

de s’entendre dire par leur médecin : « c’est dans la tête ».

LIRE : Association Française des Syndrome d'Ehlers Danos (AFSED)

En ligne : http://www.afsed.com

Forum : www.afsed.forum.com



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