L’anorexie, un processus similaire à la prise de drogue ?

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L’anorexie, un processus similaire à la prise de drogue ?

L’anorexie passerait par les mêmes circuits de la récompense que la cocaïne, les amphétamines et l’ecstasy.

Panorama du Médecin, 8 octobre 2007


Partant du constat que des drogues comme la cocaïne, les amphétamines ou l’ecstasy réduisent ou coupent l’appétit de ceux qui les consomment, des chercheurs du CNRS et de l’INSERM (Montpellier)* ont eu l’idée de comparer les circuits neuronaux impliqués dans l’action de ces drogues avec ceux de l’anorexie. Au cœur d’une zone cérébrale, le noyau accumbens, se trouvent un grand nombre de récepteurs à la sérotonine, un neurotransmetteur délivré abondamment lors de la prise de psychostimulants. L’équipe de Valérie Compan a constaté que cette activation des récepteurs à la sérotonine 5-HT4 entraînait une baisse de l’appétit et la production importante d’un peptide, le CART (cocaine and amphetamine-regulated transcript). Quand les chercheurs ont augmenté les taux de CART chez les souris, celles-ci ont boudé leur repas. A l’inverse, elles ont mangé davantage lorsqu’ils ont bloqué l’action du peptide. L’équipe de Montpellier a ensuite « créé » des souris privées de récepteurs 5-HT4 et observé qu’elles n’étaient alors plus sensibles à l’effet coupe-faim de l’ecstasy. Ces récepteurs interviennent donc bien dans la régulation de l’appétit liée à la prise de drogue.
Or, font remarquer les chercheurs, plusieurs études ont mis en évidence des taux élevés du peptide CART chez des consommateurs de psychostimulants et chez des femmes atteintes d’anorexie. Aussi suggèrent-ils que l’anorexie pourrait déclencher un processus de récompense similaire à la drogue, créant une addiction à cette dangereuse spirale de privation. Si tel est le cas, les récepteurs 5-HT4 pourraient constituer une nouvelle cible pour traiter cette maladie.

* Jean A et al. Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) du 03/10/07.

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