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Mort subite : les témoins pratiquent rarement un massage cardiaque

Alors que la mortalité par infarctus est tombée, en 40 ans, de 20-30 % à 7 %, la mortalité par arrêt cardiaque reste de 98 %.

Panorama du Médecin, 16 avril 2007


Sur les 40 000 morts subites, d’origine cardiaque dans 90 % des cas, enregistrées chaque année en France, un quart concernent des moins de 40 ans. Dans ce cas, la mort subite est due à une cardiomyopathie hypertrophique ou à une anomalie coronarienne congénitale. 70 % de ces morts subites se produisent au domicile. Mais, selon une analyse du Samu de Paris portant sur 3 895 morts subites et 3 855 infarctus, alors que tous les patients faisant un infarctus ont pu être acheminés vers un hôpital, 60 % des personnes en arrêt cardiaque sont décédées sur place.
Un registre des arrêts cardiaques extra-hospitaliers (2 500 au total) survenus en Seine-et-Marne pendant une période de 4 ans montre que dans 65 % des cas, l’arrêt cardiaque se produit devant un témoin, mais que seulement 14 % des personnes présentes entreprennent des manoeuvres de réanimation. Or, au-delà de 3 mn d’arrêt circulatoire, les séquelles sont constantes. Il s’écoule en moyenne 21,5 mn entre l’arrêt cardiaque et la délivrance d’un choc électrique. Les premiers secours mettent en effet 10 mn pour arriver après l’appel, puis 3 mn pour réaliser le choc. Et comme les témoins attendent en moyenne 8,5 mn avant d’appeler les secours, le pronostic des arrêts cardiaques ne peut être que sombre : la survie immédiate est d’environ 10 % et la survie à 1 an ne dépasse pas 2 %. Quand il s’agit de sportifs, les chiffres sont meilleurs. En effet, d’après le Pr Xavier Jouven (Inserm, hôpital Georges-Pompidou), dans ce contexte, 55 % des témoins pratiquent un massage cardiaque, ce qui permet de multiplier par 4 le nombre de personnes admises à l’hôpital vivantes.

* Source : congrès « Thromboses et urgences coronaires » (Paris)

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