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Dans le prolongement du Train de la Vie (10 mars-15 avril 2005), sanofi-aventis lançait le projet Agir pour la prévention. Objectif : mobiliser tous les acteurs de santé locaux autour de projets communs. 7 projets ont été retenus sur l’ensemble de la France.
Surpoids, manque d’exercice, surexposition au soleil, tabagisme… nos petites dérives quotidiennes sont à l’origine de maladies devenues de vrais enjeux de santé publique. En effet, cancers et pathologies cardiovasculaires sont porteurs d’une mortalité croissante. Leurs facteurs de risque sont pourtant bien connus.
Du 10 mars au 15 avril 2005, sanofi-aventis et ses partenaires ont organisé le Train de la Vie. L’exposition itinérante a sillonné la France sensibilisant plus de 110 000 visiteurs (dont 15 000 jeunes) à l’importance de préserver son capital santé, à tout âge et chacun à son rythme.
Sanofi-aventis a souhaité poursuivre cette initiative et pérenniser la dynamique créée par le Train dans les villes traversées. L’idée : soutenir des actions concrètes et innovantes de prévention, dans le cadre de partenariats locaux.
Agir pour la Prévention prolonge par des actions concrètes l’information délivrée par le Train de la Vie. Les professionnels de santé (spécialistes, médecins généralistes, pharmaciens…) ne sont pas les seuls concernés : acteurs institutionnels (représentants santé des mairies, Caisses régionales d’Assurance Maladie…) et scolaires (rectorat, IUFM, établissements scolaires…) ont un rôle important à jouer. La prévention est l’affaire de tous.
Chaque étape du Train de la Vie a donné lieu au lancement d’une réflexion locale lors d’une table ronde. Acteurs de santé, professionnels et institutionnels se sont donc organisés en groupes de travail locaux. Chaque ville pouvait présenter un ou deux projets de prévention en lien avec les maladies cardiovasculaires et/ou les cancers.
Des projets qui devaient :
- répondre aux besoins locaux,
- favoriser la multidisciplinarité et la prise en compte globale de la personne,
- être porteurs d’objectifs précis, d’une méthodologie arrêtée, et d’un suivi rigoureux.
L’impact et les résultats de ces projets devaient pouvoir être concrètement mesurés.
Trente-trois projets issus de la France entière ont été soumis au Comité scientifique. Sept projets ont ainsi été retenus, auxquels sanofi-aventis apporte une dotation totale d'un million d’euros, réparti selon les besoins exprimés par chaque responsable de projet.
Ces différentes actions ont un point commun : la plupart d’entre elles ont voulu privilégier les enfants, comme bénéficiaires mais également comme acteurs de la prévention. Car sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge, c’est favoriser un mode de vie équilibré à l’âge adulte mais pas seulement… c’est aussi toucher et sensibiliser parents et enseignants, et les inciter à changer eux aussi leurs comportements.
Ville | Projet |
|---|---|
Clermont-Ferrand | Etre et savoir, l’école de la santé |
Lorient | Bouge ton cœur, croque la vie |
Lyon | Enfant-parent, le duo qui bouge |
Montpellier | Promotion et prévention par l’auto-mesure du tour de taille |
Nancy | Maman, papa, bougeons ensemble |
Nice | La Vie au zénith |
Paris | « Bien dans ton sport, mieux dans ton corps » |
La Vie au zénith : un programme éducatif original pour la prévention des risques liés à l’exposition au soleil dans les Alpes-Maritimes.
Elaborer, mettre en place et évaluer une nouvelle modalité de prévention de santé publique.
Sensibilisation de deux populations : 2 500 enfants de CM1 et CM2 de 50 écoles de la région et 500 travailleurs en extérieur de la ville de Nice.
Les outils font appel aux nouvelles technologies : portail internet, jeux ludo-éducatifs 3D, Cdrom, sms…
L’impact des conseils et de la sensibilisation aux comportements responsables destinés aux enfants et aux adultes sera évalué à travers les jeux et par un bilan de comportements et connaissances des risques liés au soleil.
Date | Etapes |
|---|---|
Janvier-mars 2007 | Elaboration des outils |
Avril-juin 2007 | Déroulement du projet dans les écoles pilotes (CM1 et CM2) : validation des outils |
Septembre- 2007 – Juin 2008 | Déroulement du projet dans les écoles du 06 (CM1-CM2) : phase d’extension |
Juin 2008 | Evaluation du programme de prévention |
Date | Etapes |
|---|---|
Septembre 2006- Novembre 2006 | Information et évaluation initiale des agents en extérieur de la ville de Nice lors de leur visite médicale |
Octobre 2006-aout 2007 | Sensibilisation ponctuelle (SMS) et évaluation intermédiaire (Mai 2007) |
Septembre 2007- Novembre 2007 | Evaluation finale du programme de prévention |
Association Ph@re ; Mairie de Nice ; CHU de Nice ; Conseil général 06 ; Rectorat ; Inspection d’académie ; DDASS / DRASS ; URCAM / CPAM Alpes-Maritimes ; Service de banque d’images liées aux maladies cutanées ; Service de base de données liées soins de santé ; Avène, IBM
Rémy Collomp, pharmacien, praticien hospitalier, Président du réseau Ph@re
Réseau Ph@re - Pharmacie centrale du CHU de Nice – 61 bd du 8 Mai 1945 – 06730 St-André-de-la-Roche. Site internet : www.pharemed.com
Les cancers de la peau représentent 10 à 20 % de l’activité du Service de Dermatologie du CHU de Nice. D’où l’idée d’une équipe multidisciplinaire ville-hôpital regroupant pharmaciens du réseau Ph@re, dermatologues, Direction Innovation du CHU, praticiens de médecine professionnelle et préventive de la Mairie - de développer un programme éducatif original et transversal sur les dangers du soleil ciblé sur les enfants et les travailleurs extérieurs. Explications de Rémy Collomp.
Si les rayons de notre astre brillant sont vivement attendus et appréciés, ils n’en sont pas moins dangereux. L’incidence du mélanome est en effet en hausse en France et les cancers de la peau sont d’autant plus graves que leur diagnostic est tardif. Les facteurs de risque sont pourtant identifiés. Le principal ? L’exposition excessive au soleil notamment dans la petite enfance. Un paramètre sur lequel il est possible d’agir moyennant éducation et prévention. Toutefois, malgré les campagnes nationales pré-estivales de sensibilisation et de dépistage, le grand public n’a qu’une connaissance partielle de ces risques. En outre, ces initiatives ne ciblent pas les populations à risque et ne permettent pas d’évaluation pertinente.
Irradié par le soleil une bonne partie de l’année, le département des Alpes-Maritimes est particulièrement concerné : les cancers de la peau représentent 10 à 20 % de l’activité du Service de Dermatologie du CHU de Nice. D’où l’idée d’une équipe multidiciplinaire ville-hôpital regroupant pharmaciens du réseau Ph@re, dermatologues, Direction Innovation du CHU, praticiens de médecine professionnelle et préventive de la Mairie - de développer un programme éducatif original et transversal sur les dangers du soleil ciblé sur les enfants et les travailleurs extérieurs. Les premiers sont très sensibles aux effets cancérogènes des UV, ce qui augmente les risques de survenue d’un cancer plus tard ; les seconds sont exposés au soleil à longueur d’année, ce qui leur est nocif... Ainsi est née « La vie au zénith » ! « A cette échelle, ils seront plus simples à suivre et l’évaluation du projet, qui est primordiale, en sera facilitée », résume Rémy Collomp, porte-parole du projet, pharmacien hospitalier au CHU de Nice et président du réseau Ph@re.
Le volet « enfant » a été pensé pour les classes de CM1 et CM2. Aptes à comprendre les risques liés à leurs comportements, ils peuvent être associés à une campagne d’information et de prévention. Leur inculquer les bons réflexes dès le plus jeune âge est une façon de les rendre naturels et pérennes, d’autant qu’ils les transmettent. 2 500 enfants d’une cinquantaine d’écoles du département devraient participer. « Ce qui nous différencie d’autres opérations est que nous nous inscrivons dans la durée. Pour évaluer leurs connaissances et leur attitude vis-à-vis du soleil de la façon la plus juste possible, nous avons choisi le jeu 3D de réalité virtuelle. Ils sont très à l’aise avec les nouvelles technologies et il y avait un réel besoin de renouveler les méthodes d’approche de prévention, » détaille Rémy Collomp. Si le côté négatif de ces jeux est souvent stigmatisé, il ne faut en effet pas négliger leur potentiel ludo-éducatif.
Ces jeux, dont les scénarii ont été élaborés par des experts en dermatologie et en psychologie pédiatrique, s’intègrent aux programmes scolaires. L’objectif, en imaginant des situations où les enfants - incarnés par un personnage qu’ils auront créé - sont pris dans des jeux proches de la réalité est de voir comment ils se protègent. Apprennent-ils à gérer le matériel disponible (crème solaire, casquette, lunette, T-shirt, eau, parasol…) pour préserver leur capital santé ? Changent-ils de comportement après les avertissements de l’infirmerie virtuelle ?
Durant quatre mois puis durant une année scolaire entière, l’équipe projet va tourner dans les classes pour le savoir. Avant de jouer, les enfants auront droit à une présentation des risques liés au soleil, des modes de prévention, à une évaluation initiale et à un questionnaire général. « Le projet pilote avait été testé avec un jeu de plage. Celui que nous présentons actuellement les emmène au ski et les prochains, sur la pharmacie et le système solaire par exemple, sont plus pédagogiques », précise Rémy Collomp. Leur utilisation sera alors confiée aux équipes pédagogiques et enrichie d’exposés. Le projet prévoit cinq modules de jeu pour les CM1 d’ici juin, et deux modules de synthèse pour les CM2. Une option en forme de question : faut-il privilégier une formation courte ou longue ? Les connaissances des enfants seront mesurées à chaque changement de jeu. Tout sera mis en corrélation pour l’évaluation finale qui permettra de comparer comportements réel et virtuel. Via ce projet mêlant pédagogie, santé et vie à l’école, le but est bien de réduire l’écart entre le « savoir » et le « faire ».
Pour les 500 agents extérieurs de la ville intégrés au projet, les outils adoptés sont différents. Au cours de leur dernière visite médicale du travail, ils ont été sensibilisés aux risques solaires et ont reçu un CD Rom informatif. Comme les enfants, ils ont répondu à un questionnaire général spécialement conçu pour l’occasion et permettant de faire un bilan de leurs acquis et habitudes. « La majorité d’entre eux a aussi accepté de recevoir des SMS de sensibilisation ou de conseils. Cette méthode a déjà été testée avec succès sur un autre projet » explique Rémy Collomp. A la prochaine visite médicale, leur niveau de connaissance et leurs comportements seront réévalués et comparées aux données de 2006.
En Mai, un kit de protection avec livret sur le risque solaire, casquette, crème et lunettes de soleil va être distribué à tous. Pour compléter, a été créée la plateforme www.lavieauzenith.com. Jeux, documents informations, exposés, tout sera bientôt en ligne… L’espoir majeur de La Vie au zénith reste de valider ces modalités de prévention des mélanomes et cancers de la peau pour qu’elles soient étendues à d’autres écoles, villes, hôpitaux, administrations et particuliers. « Ce projet apportera des données épidémiologiques précieuses sur la région, une donnée qui fait aujourd’hui défaut et qui est pourtant utile pour aider à la prise de décision en matière de mesure de prévention des cancers de la peau, » conclut Rémy Collomp.
« La Vie au zénith » s’inscrit totalement dans le projet national de prévention des méfaits du soleil qu’il s’agisse des cancers de la peau, du photo-vieillissement, de kératoses actiniques ou des autres maladies qu’il peut provoquer. Le point sur le mélanome, le plus redoutable des cancers de la peau causant la mort d’environ 4 personnes par jour en France, avec Myriam Casacci, dermatologue au CHU de Nice, qui a participé à l’expertise préalable à la mise en œuvre du support scientifique de « La Vie au Zénith ».
Comment s’explique la hausse de l’incidence des cancers de la peau et en particulier du mélanome en France ?
Myriam Casacci : Notamment par le fait que depuis quelques années, des campagnes de prévention favorisant le dépistage sont organisées. On recense naturellement donc plus de cas. Le pic actuel, notamment chez les jeunes, s’explique aussi par le fait qu’il y a 30 ans, on ne se protégeait pas du soleil. Nous payons aujourd’hui les défauts de la prévention de ces années ! Le milieu médical connaissait ce cancer, mais pas le grand public qui n’était alors pas conscient des effets secondaires du soleil.
En quoi ces campagnes de prévention ont-elles fait évoluer les comportements ?
Les gens ont une meilleure connaissance des risques liés au soleil. Dès qu’ils décèlent un grain de beauté suspect, ils consultent rapidement. Cela facilite d’autant les dépistages de mélanome au stade initial. Le pronostic reste très réservé pour certaines personnes malgré tout, soit parce qu’elles consultent trop tard, soit parce qu’elles sont de formes particulièrement agressives de mélanome. Mais la plupart des mélanomes évoluent en deux phases : une phase de croissance horizontale – stade auquel le dépistage permettra d’augmenter les chances de guérison, et une phase de croissance verticale, durant laquelle le mélanome « épaissit » et devient de moins bon pronostic.
Existe-t-il des différences d’une région à l’autre ?
Les populations urbaines semblent être plus sensibilisées que les populations rurales et consultent plus vite. Et puis, contrairement à ce que l’on pense, il y a beaucoup de cas de maladies de la peau liés au soleil dans le Nord de la France. Ses habitants ont un phototype beaucoup plus clair et sont de fait plus sensibles aux UV, ce qui est plus dangereux s’ils exposent sans photoprotection…
Quels sont les facteurs de risques identifiés pour le mélanome ?
Il y a une part génétique. La descendance d’une personne ayant un antécédent de mélanome a un risque un peu plus élevé que la population générale d’en développer un à son tour. Cela nous a conduit, au CHU de Nice, à leur proposer une consultation dermatologique annuelle. Le phototype, qui caractérise la couleur de la peau, des yeux, des cheveux et la capacité à bronzer, et surtout l’exposition solaire, particulièrement néfaste durant l’enfance, sont les autres facteurs majeurs.
Quelles sont les mesures de prévention à faire connaître ?
C’est une somme de petites attentions comme le fait de se couvrir avec un T-Shirt ou autre, de mettre de la crème solaire, un chapeau, des lunettes… Rappelons aussi que l’on peut prendre des coups de soleil en montagne, en pratiquant des activités en extérieur, ou même par mauvais temps, les UV traversant les nuages. Mieux vaut aussi éviter de s’exposer entre 10 et 16h, et privilégier les tranches 8-10h et après 16h. Et dans tous les cas, il ne faut pas laisser un enfant de moins de 3 ans au soleil !
A qui s’adressent ces mesures justement ?
A tous, même s’il est essentiel que les plus jeunes les adoptent. Nous savons en effet que les coups de soleil de l’enfance augmentent les risques d’incidence du mélanome. A cet âge, leur ADN est plus fragile et leur système immunitaire un peu immature. C’est pourquoi les enfants sont au cœur de « La vie au zénith ». Eux comme les adolescents passent beaucoup de temps à l’extérieur, et à 18 ans, ils ont déjà dépensé 50% de leur capital solaire...
Faudrait-il systématiser le dépistage du mélanome ?
La gravité du pronostic d’un mélanome au stade avancé, la fréquence de cette pathologie, le faible coût et la simplicité du dépistage (une consultation dermatologique) devraient encourager un dépistage systématique. C’est un peu l’idée des campagnes gratuites lancées avant l’été dans les grandes villes. Cela permettrait de repérer des mélanomes à un stade où ils peuvent encore être traités. L’acte est si facile et peut sauver tant de vies qu’il ne faut pas hésiter ! On a en effet du mal à imaginer qu’un grain de beauté dégénéré puisse provoquer le décès d’une personne parfois jeune et par ailleurs en bonne santé...
Cette réalité est-elle présentée dans « La vie au zénith » ?
Pour le volet enfant, non. Il est inutile de créer une phobie du soleil car il nous est indispensable ! En revanche, les messages sont plus directs pour les adultes, que nous espérons informer et responsabiliser quant au risque mortel réel des maladies induites par le soleil. En matière de mélanome, l’adage « il vaut mieux prévenir que guérir » est plus que jamais d’actualité. Une fois qu’il est métastatique, le risque de décès est quasiment de 100%. On est loin de la moyenne des taux de guérison des autres cancers qui approche 50 %. Maintenir la pression sur la prévention est donc primordial ! Grâce à elle, grâce à des projets comme « La vie au Zénith », qui gagnerait à être étendu, l’incidence des mélanomes pourrait diminuer. Ce que nous pourrons peut-être vérifier d’ici une vingtaine d’années…
*Epidemiology of cutaneous melanoma: descriptive data in France and Europe. Ann Dermatol Venereol. 2005 Dec;132 (12 Pt 1):975-82.
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