Dépistage du cancer du sein : où en est-on ?

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La maladie expliquée  

Dépistage du cancer du sein : où en est-on ?

Depuis 2004, une mammographie de dépistage de cancer du sein est proposée gratuitement tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans. Une pratique qui a des répercussions positives sur la qualité des examens et la prise en charge des cancers.

Article paru le 21/02/2007 - Mise à jour le 31/01/2007

Catherine Viot

Un système français original

Le programme de dépistage du cancer du sein a démarré dans les années 89-90, dans des départements pilotes (Rhône, Bouches-du-Rhône, Bas-Rhin). Il s’est progressivement étendu (32 programmes en 2001, soit la moitié des femmes de 50 à 69 ans) pour connaître une forte accélération en 2003.

En 2004, c’est la généralisation à toute la France. L’originalité du programme français est de s’inscrire dans le cadre de la médecine libérale. C’est le seul pays où ce soit le cas. Pour obtenir une plus large participation, l’examen a lieu dans des centres agréés accessibles, proches du domicile.

Un meilleur suivi des femmes

De fait, le taux de participation augmente lentement mais sûrement : il était de 33% en 2003, de 40 % en 2004, de 45% en 2005. Il est plus important en dehors des grandes agglomérations et varie suivant les régions. La Bretagne et le Centre (Auvergne Limousin) connaissent une forte participation. Une bonne partie de la France reste dans la moyenne, avec 40% de participation. Cinq régions dépassent les 50%, dix régions sont entre 40 et 49% et huit sont à la traîne, dont la Corse et l’Ile-de-France. Parmi les participantes, on remarque que beaucoup de femmes ont plus de 60 ans et sont peu suivies jusque là. Certes, on est loin de l’objectif européen de 70%, mais ce taux de participation hétérogène n’est pas catastrophique, car le programme organisé n’exclut pas le dépistage individuel. La preuve, en 2005, 65 % des femmes de 50 à 74 ans interrogées dans le cadre de l’enquête Baromètre Santé déclaraient avoir réalisé une mammographie au cours des deux dernières années.

Une meilleure qualité des examens

Que ce soit dans le cadre du dépistage organisé ou individuel, la mammographie est la même : deux clichés par sein et un examen clinique des seins et les contraintes techniques sont identiques pour tous les radiologues. C’est un des principaux acquis du programme : grâce à lui, toutes les femmes qui font une mammographie ont les mêmes garanties. La règle sera appliquée au mammographes numériques, qui vont être introduits dans le dépistage organisé (1). Le plus du dépistage organisé est d’offrir une double lecture des radiographies, ce qui minimise le risque d’erreurs. Cela permet aussi d’évaluer, et par conséquent d’améliorer, la pratique des radiologues. Ce niveau d’exigence plus élevé retentit indirectement sur la prise en charge, qui peut se faire de façon plus précoce (à partir d’images plus petites).

Plus de petits cancers

Lorsque l’image est jugée anormale, un bilan immédiat a lieu (agrandissement, échographie, cytoponction). Les clichés normaux, eux, sont envoyés à la deuxième lecture. De même que les clichés « normalisés » après un premier bilan (ayant conclu à l’absence de cancer). Lorsqu’une anomalie est constatée en deuxième lecture, les femmes sont rappelées pour un bilan. Selon un rapport de l’institut de veille sanitaire (2), cela a été le cas pour 1,8% des femmes en 2003, dont 0,2% après un bilan complet. Au total, 5294 cancers ont été trouvés sur 831 445 mammographies. 8,3 % ont été détectés par le seul 2ème lecteur, surtout des petits cancers, de meilleur pronostic. Ces rattrapages illustrent l’intérêt du dispositif, car ils ne sont pas possibles sans deuxième lecture.

Il est toutefois encore trop tôt pour mesurer l’impact du dépistage sur la mortalité par cancer du sein, mortalité qui semble avoir diminué en 2001-2002. Mais il est certain que dépistage et traitement vont dans le même sens pour faire baisser la mortalité.

Bibliographie

D’après une communication du Dr Brigitte Seradour (Centre Beauregard, Marseille) à la 7ème journée Anne d’Autriche, octobre 2006.

(1) Suite à un avis favorable de la Haute Autorité de Santé en octobre 2006.

(2) Dépistage du cancer du sein. Rapport d’évaluation du suivi épidémiologique. Données 2003. (Août 2006)

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