Cancer : comprendre l’hormonothérapie

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Cancérologie  

Cancer : comprendre l’hormonothérapie

Le développement de certains cancers comme le cancer du sein ou celui de la prostate est favorisé par les hormones naturelles. L’hormonothérapie s’oppose à l’action des hormones de l’organisme pour éviter qu’elles stimulent le cancer.

Article paru le 10/04/2008 - Mise à jour le 13/03/2008


Dr Brigitte Martin

Des tumeurs sous dépendance des hormones

Certains cancers, dits « hormonodépendants », sont favorisés par les hormones naturelles. Ces dernières stimulent la multiplication de cellules cancéreuses pourvues de récepteurs spécifiques. L’objectif de l’hormonothérapie est de supprimer les effets des hormones pour empêcher le développement de la tumeur. Elle ne détruit pas directement les cellules cancéreuses. Les principaux cancers pouvant en bénéficier sont le cancer du sein et celui de la prostate. Il s’agit alors de bloquer l’action des hormones sexuelles : estrogènes (sein) ou androgènes (prostate). L’hormonothérapie peut aussi être utilisée pour certains cancers de la thyroïde et du corps de l’utérus.

Comment bloquer les hormones

Il existe plusieurs façons d’empêcher l’action des hormones :

  • En supprimant la glande qui les sécrète. Cette méthode, irréversible, est de moins en moins pratiquée. En cas de cancer du sein, il s’agit de l’ablation des ovaires par chirurgie ou de leur irradiation. Pour le cancer de la prostate, il est procédé à une pulpectomie partielle des testicules.

  • En bloquant la sécrétion au niveau de l’hypothalamus (glande située à la base du cerveau) par des médicaments (agonistes ou analogues de la LH-RH). Ce sont des produits injectables en intramusculaire ou sous forme d’implants que l’on insère sous la peau. Leur activité dure plusieurs semaines.

  • En utilisant des molécules qui occupent les récepteurs des cellules à la place des hormones pour contrecarrer leur effet. C’est le cas des anti-estrogènes SERMs (Selective Estrogen Receptor Modulators), dont le chef de file est le tamoxifène ainsi que des anti-androgènes.

  • En empêchant leur transformation dans l’organisme par une action au niveau d’une enzyme clé. C’est ce que font les inhibiteurs de l’aromatase ou anti-aromatases.

Dans le cancer du sein

L’hormonothérapie n’est pas systématique. Pour qu’elle soit efficace, il faut en effet que les cellules possèdent (« expriment ») des récepteurs aux hormones. C’est le cas d’environ 70% des cancers. Il est procédé à une analyse préalable de la tumeur avec dosage des récepteurs hormonaux. Lorsque les récepteurs hormonaux sont positifs, l’hormonothérapie est indiquée, quel que soit le traitement associé par ailleurs.

Le traitement est différent selon que la femme est ménopausée ou non. Avant la ménopause, les principaux traitements sont un agoniste de la LH-RH souvent associé à un anti-estrogène (tamoxifène).

Après la ménopause, les anti-aromatases sont en première ligne. A cette période de la vie, les estrogènes sont en effet produits par les glandes surrénales à partir des androgènes, grâce à une enzyme appelée aromatase.

Suivant les cas, ces traitements sont disponibles sous forme de comprimés ou en injection.

Dans le cancer de la prostate

Seule ou en association avec d’autres traitements, l’hormonothérapie est le plus souvent employée lorsque le cancer s’est étendu au-delà de la prostate. Le traitement type consiste soit en une pulpectomie (ablation d’une partie des testicules) soit en l’injection d’agonistes de la LH-RH. On y associe souvent un anti-androgène (en comprimés ou par injection selon les médicaments).

Des effets secondaires gênants

Si l’hormonothérapie est en général bien supportée par l’organisme, elle peut entraîner des effets secondaires gênants : bouffées de chaleur, fatigue, arrêt des cycles menstruels chez la femme, impuissance et poussée des seins chez l’homme. Le tamoxifène expose par ailleurs à un risque accru de thrombose (caillot de sang dans les veines). Ces effets varient suivant la dose et le type de médicament. Aussi ne faut-il pas hésiter à les signaler à son médecin pour qu’il ajuste au mieux le traitement.

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