Le Quotidien du Médecin, 3 octobre 2006
Un nombre de plus en plus important de patients arrivent aux urgences après une tentative de suicide, un sur dix environ. « Parler de prévention du suicide est un peu ambitieux, déclare le Pr Michel Lejoyeux, (Hl Bichat - Claude-Bernard). Il s’agit plutôt d’une prise en charge des patients suicidants »...
L’unité de prévention du suicide du groupe hospitalier Bichat - Claude-Bernard qui doit ouvrir le mois prochain est une petite structure de 12 lits qui doit accueillir l’ensemble des patients se présentant aux urgences à la suite d’une tentative de suicide, qu’ils arrivent seuls, accompagnés ou amenés par une ambulance, les pompiers ou la police. « La durée des séjours sera en moyenne de neuf jours, ce qui permet une évaluation psychopathologique et une orientation, soit à domicile, s’il s’agit simplement d’une crise, avec l’adresse d’un psychothérapeute, soit vers le secteur concerné, si l’on détecte une pathologie chronique », précise M. Lejoyeux.
Il faut que « les psychiatres investissent les urgences afin d’intervenir le plus précocement possible auprès du patient ».
Mais il faut aussi qu’ils interviennent dans des services autres que psychiatriques : 20% des patients hospitalisés en médecine sont déprimés. « Ce qu’il est important de comprendre, souligne M. Lejoyeux, c’est que, dans un nombre considérable de maladies, une prise en charge médicale correcte impose un avis psychiatrique. Si on n’aborde pas avec un cardiaque son état anxieux ou, par exemple, sa consommation d’alcool, on s’expose gravement à un risque de rechute. La solution à apporter est une prise en charge intégrée médico-psychiatrique. C’est un peu une des particularités de la psychiatrie à l’AP-HP ».