Triste constat aux 2èmes Rencontres parlementaires sur la santé mentale : à cause de l’insuffisance de structures et de spécialistes, les troubles psychiques ne sont pas pris en charge comme ils le devraient.
Panorama du Médecin, 24 septembre 2007
En France, les maladies mentales font figure de parent pauvre de la santé publique, alors que leur poids augmente. Aux pathologies mentales lourdes viennent en effet s’ajouter les troubles psychiques liés aux circonstances de la vie et les crises existentielles. Le syndrome de stress post-traumatique toucherait ainsi 1 à 5 % de la population et la dépression 1 personne sur 10. On dénombre également 13 000 suicides annuels et 200 000 tentatives. Les services d’urgence – où s’établit dans la moitié des cas le premier contact avec un psychiatre, quelle que soit la pathologie – jouent un rôle central dans l’accès aux soins psychiatriques, mais la mise en place d’un suivi en aval est souvent difficile. Ainsi, moins d’un tiers des 162 000 personnes ayant fait une tentative de suicide (TS) accueillies aux urgences chaque année sont hospitalisées en psychiatrie. Les délais de rendez-vous en psychiatrie sont souvent de plusieurs mois et, dans certains cas, comme le souligne le Dr Nicolas Dantchev (Hotel-Dieu, Paris), une lettre de motivation est demandée aux personnes suicidaires… Au total, 10 à 15 % des personnes ayant fait une TS décèdent d’une autre tentative.
Pour des maladies mentales authentiques comme la schizophrénie, l’insuffisance de réponses sanitaires et sociales est encore plus marquée. Le manque de structures extra-hospitalières et de psychiatres (1 000 postes sont vacants) devient criant et la crise ne peut que s’aggraver : les projections démographiques indiquent une chute de 40 % du nombre de psychiatres d’ici 2020 !