Une étude française montre une augmentation des lésions de la substance blanche du cerveau chez les personnes âgées de plus de 65 ans souffrant de dépression ou ayant des antécédents dépressifs.
Panorama du Médecin, 19 novembre 2007
Le rôle des facteurs de risque vasculaires dans la dépression des seniors était avancée depuis quelques années mais jamais démontré. L’étude des 3 cités (The 3C-Dijon Study)*, publiée par des chercheurs de l’Inserm (unité 708 de neuroépidémiologie), conforte cette hypothèse. 1 658 patients âgés de 65 à 80 ans ont passé une IRM du cerveau à leur inclusion dans l’étude puis 4 ans plus tard. L’analyse des résultats montre que les lésions de la substance blanche, responsable de la transmission des informations, qui surviennent normalement avec l’âge, sont plus étendues chez les individus ayant des antécédents de dépression que chez les autres. De plus, chez ces personnes, la taille des lésions a augmenté plus fortement au cours des 4 années de suivi. Par ailleurs, chez les personnes sans antécédent de dépression jusqu’à l’entrée dans l’étude, la présence de lésions étendues de la substance blanche augmente le risque de développer une dépression : il est 2,3 fois plus élevé chez ceux qui ont un volume de lésions supérieur à 6 cm3, comparé à ceux qui ont un volume inférieur à 3 cm3.
Ces lésions correspondent à des zones de dégénérescence de la gaine de myéline (qui protège les neurones), elles-mêmes liées à une mauvaise irrigation sanguine du cerveau. Comme l’âge et l’hypertension constituent deux facteurs de risque importants de ces lésions, une bonne prise en charge des facteurs vasculaires chez les personnes âgées s’impose d’autant plus, soulignent les auteurs.
* Godin O et al. Biological Psychiatry, 30/10/07