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Contre le dépistage des troubles du comportement chez le jeune enfant

Le Comité national d’éthique dénonce l’idée qu’il pourrait exister un lien prédictif entre les troubles du comportement du jeune enfant et le développement de conduites délinquantes à l’adolescence.

Panorama du Médecin, 12 février 2007

Après le tollé provoqué par l’expertise de l’Inserm sur « les troubles des conduites chez l’enfant et l’adolescent », le gouvernement avait retiré dans son avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance le principe d’une « détection précoce des troubles du comportement » chez le jeune enfant (vers l’âge de 36 mois) « pouvant conduire à la délinquance » à l’adolescence. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), présidé par le Pr Didier Sicard, vient d’asséner le coup de grâce à ce concept. Il estime que cette approche est « réductrice des comportements humains » et comporte un risque de stigmatisation et d’enfermement de l’enfant dans un comportement violent, et relève que l’expertise de l’INSERM repose sur un postulat privilégiant l’inné (facteurs génétiques, prédispositions cérébrales…) aux dépens de l’acquis (facteurs environnementaux, culturels, familiaux…) dans l’explication des troubles du comportement. Une approche univoque qui lui paraît lourde de dérives éthiques. Pour le CCNE, il ne faut pas confondre médecine préventive et « médecine prédictive qui emprisonnerait paradoxalement les enfants dans un destin ».
Le Comité d’éthique s’élève aussi contre l’inscription dans le carnet de santé d’informations relatives au comportement des enfants et dénonce la tentation de recourir aux médicaments psychotropes qui « comportent des risques de dépendance encore mal évalués et peut-être des risques pour le développement de l’enfant ».