Panorama du Médecin, 11 septembre 2006
Jusqu’ici, on pensait que, pour fonctionner de manière optimale, le cerveau devait être doté principalement de courtes connexions entre les neurones, un peu comme un ordinateur. Des chercheurs de l’Université de Newcastle (Grande-Bretagne) et de l’Université internationale de Brême (Allemagne) remettent en question cette conception en s’appuyant sur une analyse informatique des données mondiales publiées sur l’anatomie du cerveau des primates et… des vers. Ils viennent en effet de montrer que les fibres nerveuses longues peuvent envoyer très rapidement des messages sur de longues distances. Plus rapidement - mais aussi plus sûrement - que si ces messages étaient envoyés, sur la même distance, par l’intermédiaire de nombreuses petites fibres courtes. Pour la bonne compréhension du mécanisme, le Dr Marcus Kaiser, qui a dirigé les recherches, fait un parallèle avec un voyage en train entre Newcastle et Londres : si le train est direct, le voyageur arrive plus vite et plus facilement que s’il lui faut changer plusieurs fois de train au risque, de surcroît, de manquer une correspondance… Bref, le cerveau a besoin d’une combinaison de différentes longueurs de projections neuronales, conclut le Dr Claus Hilgetag. Ces recherches pourraient servir à diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et l’autisme où certaines connexions neuronales de longue distance font défaut, voire des traitements, mais ce n’est pas pour un futur proche.
*« Non-optimal component placement, but short processing paths, due to long-distance projections in neural systems ». PloS Computational Biology ; preprint 2006