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Autisme : la France est en retard

Le Comité d’éthique dénonce avec force la situation déplorable des 350 000 à 600 000 personnes atteintes de syndromes autistiques en France et prône une « révolution à la suédoise ».

Panorama du Médecin, 17 décembre 2007


A la demande des associations de familles qui s’élevaient contre l’absence ou le défaut de prise en charge éducative des enfants et des adolescents atteints d’autisme, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) vient de rendre un avis « volontairement engagé ». Selon le Pr Didier Sicard, président du CCNE, « les conditions sociales proposées à ces personnes sont humiliantes, tant et si bien qu’on est obligé de « délocaliser » la prise en charge de nombreux enfants en Belgique, avec l’aval de la Caisse nationale d’assurance-maladie ». En 2004, la France ne comptait que 7 000 places en structure d’accueil et les délais d’attente étaient de 2 à 3 ans. Les 700 places supplémentaires prévues dans le plan Autisme 2005-2006 sont loin de suffire à combler le déficit.
Dans les années 1970, la notion de trouble envahissant du développement a remplacé celle de psychose et a conduit à proposer, notamment dans les pays d’Europe du Nord, des approches précoces, sociales et éducatives, avec la participation active des parents. Pas en France où prévalait la théorie psychanalytique selon laquelle l’autisme serait lié à des perturbations de la communication mère-enfant. Aujourd’hui, le retard est patent : le diagnostic est tardif et si l’inscription à l’école de ces enfants est devenue obligatoire, le plus souvent la scolarisation reste fictive. Rien de tel en Suède, où ces enfants sont accueillis à l’école, au besoin dans des classes spéciales, et où les grandes institutions fermées ont été remplacées par des petites structures d’accueil, proches des familles, plus humaines et pas plus coûteuses.