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Urgences vasculaires cérébrales : une prise en charge insuffisante


Un rapport parlementaire, signé du Pr Jean Bardet, chef du service de cardiologie à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), réclame une meilleure organisation de la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux.

Panorama du Médecin, 15 octobre 2007


Première cause de handicap acquis chez l’adulte, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ne sont pas pris en charge comme ils le devraient, s’indigne le Pr Jean Bardet (hôpital Saint-Antoine, Paris), dans un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps). L’Agence européenne a approuvé, en 2003 (7 ans après les Etats-Unis), les injections par voie intraveineuse de médicament thrombolytique qui permettent de réduire le risque de décès ou d’invalidité sévère (hémiplégie, aphasie…). Mais leur utilisation est limitée aux unités neuro-vasculaires ayant accès en urgence à l’IRM. Or, il n’existe que 58 unités spécialisées, inégalement réparties sur le territoire : 11 en Ile-de-France, mais aucune en Auvergne, Basse-Normandie, Champagne-Ardenne et Corse. Soit au total 900 lits alors qu’il en faudrait 4 400.
Par ailleurs, la thrombolyse n’est possible qu’en urgence, dans les trois heures qui suivent les premiers symptômes. Or, le délai moyen d’arrivée aux urgences est de 10 heures. C’est mieux qu’en 1999 (17 heures) mais encore beaucoup trop long. L’IRM reste en effet un équipement rare et peu disponible en urgence et la population connaît mal les symptômes d’AVC qui doivent inciter à appeler le 15. Au total, en 2006, seulement 18 % des patients ont été hospitalisés dans une unité neuro-vasculaire et 1 080 patients ont pu bénéficier d’un traitement antithrombolytique, alors que 80 000 hospitalisations pour ischémie cérébrale ont été enregistrées…