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Pas de différence entre le cerveau des hommes et celui des femmes

Contrairement à ce que l’on croyait, le cerveau varie non pas selon le sexe, mais selon les individus et les facteurs environnementaux sont prépondérants.

Panorama du Médecin, 12 mars 2007


La 8ème campagne nationale Neurodon (du 12 au 18 mars) a été l’occasion pour le Dr Catherine Vidal, neurobiologiste à l’Institut Pasteur, de faire le point sur le développement normal et pathologique du cerveau propre aux hommes et aux femmes. Le sexe est beaucoup moins influent qu’on le croyait il y a quelques années, assure-t-elle. La maladie de Parkinson touche certes un peu plus les hommes et la maladie d’Alzheimer est un peu plus fréquente chez les femmes, mais en Europe et pas aux Etats-Unis. Des études canadiennes indiquent aussi que les femmes sont plus souvent atteintes de sclérose en plaques que les hommes et l’épilepsie semble affecter davantage le sexe masculin. Mais les données épidémiologiques varient beaucoup avec les pays et les périodes, ce qui souligne l’importance prépondérante des facteurs d’environnement. Selon le Dr Vidal, il est difficile dans ces conditions d’identifier le rôle du sexe dans ces maladies neurologiques.
Il en va de même pour le développement physiologique du cerveau. Alors qu’en 1995, une étude semblait conforter l’idée que les femmes, en utilisant les deux hémisphères, avaient des capacités verbales plus développées(1), une méta-analyse regroupant plus de 700 personnes conclut que la différence n’est pas significative(2). De même au cours de tâches de calcul mental, l’IRM (imagerie par résonance magnétique) cérébrale révèle de grandes disparités entre les sujets, mais chez les hommes comme chez les femmes, certains activant plutôt les régions antérieures, d’autres les régions postérieures. En bref, des variations cérébrales sont bien observées, mais elles sont plus individuelles que liées au sexe. En fait, cette grande variabilité des circuits neuronaux s’explique par la plasticité du cerveau et les expériences vécues. Une équipe de Garches a observé qu’au cours de la récupération des mouvements de la main, après un accident vasculaire cérébral, il se produit un phénomène de recrutement neuronal, permettant à l’hémisphère homolotéral de prendre le relais de l’hémisphère controlatéral déficient (3).

(1) Shaywitz BA in « Nature », 1995.

(2) Sommer JL in « Brain », 2004.

(3) Feydy A in Stroke, 2002.