Une étude britannique récente pointe les colorants et les conservateurs artificiels contenus dans de plus en plus d’aliments, qui stimuleraient les troubles de l’attention chez l’enfant.
Panorama du Médecin, 17 septembre 2007
L’hypothèse n’est pas nouvelle. Les célèbres E 110 et autres colorants artificiels favoriseraient les comportements hyperactifs, impulsifs et de l’inattention qui caractérisent le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les résultats d’une étude, menée par une équipe de l’Université de Southampton*, vont dans ce sens. Des enfants - un groupe âgé de 3 ans, l’autre de 8-9 ans - ont bu pendant une semaine, de manière aléatoire, soit un mélange d’additifs soit une substance neutre. Deux mélanges contenant chacun, en sus, 45 mg d’acide benzoïque (E 211) ont été testés. Les enfants ont ensuite fait l’objet d’une évaluation à l’aide de plusieurs outils psychologiques.
Résultats : parmi les enfants de 3 ans, seuls ceux qui avaient consommé le premier mélange de colorants artificiels plus l’acide benzoïque ont présenté un niveau d’hyperactivité plus élevé que ceux du groupe contrôle. Chez les 8-9 ans, cette hyperactivité s’est manifestée avec les deux cocktails d’additifs. Même si les additifs ne sont pas les seuls responsables de l’hyperactivité, ces résultats renforcent les soupçons. Les autorités de santé britanniques recommandent d’ailleurs aux parents d’enfants hyperactifs d’éviter les aliments contenant ces additifs. Elles ont également transmis le dossier à l’Autorité européenne de sécurité des aliments.
* Stevenson J et al., The Lancet, publication en ligne du 6 Septembre 2007, www.thelancet.com