Une étude anglo-américaine montre que les bénéfices de la consommation de poisson pendant la grossesse l’emportent sur les risques liés à leur teneur en mercure.
Panorama du Médecin, 26 février 2007
En mai 2004, les autorités fédérales américaines avaient lancé un avertissement sur les risques encourus par les femmes enceintes à consommer certains poissons présentant des teneurs élevées de mercure. Elles mettaient en garde contre les dangers de ce métal lourd pour le développement du cerveau du fœtus et conseillaient aux femmes enceintes de ne pas consommer plus de 340 grammes de poisson par semaine (soit 3 portions).
L’étude récente,* publiée par Joseph Hibblen (National Institutes of Health, Etats-Unis) et une équipe anglaise de l’Université de Bristol, réalisée en 1991-92 sur les habitudes alimentaires de 11 875 femmes enceintes puis le développement neurologique et comportemental de leur enfant jusqu’à l'âge de 8 ans, bat en brèche ces recommandations.
MÍme si les auteurs ne contestent pas la nocivité potentielle du mercure, ils montrent que la consommation hebdomadaire de plus de 340 g de poisson n’a pas d’effet négatif sur l’enfant mais qu’au contraire, elle a un effet bénéfique sur son développement neurologique. A noter: l’étude n’a pas permis d’établir quelles espèces de poissons ces femmes consommaient. Rappelons qu’en France, les autorités sanitaires recommandent toujours de manger du poisson au moins deux fois par semaine, mais que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments conseille aux femmes enceintes (ou qui allaitent) ainsi qu’aux enfants d’éviter, à titre de précaution, la consommation de poissons prédateurs: espadon, marlin, siki (petite variété de requin).
*Publié dans "The Lancet" du 16/2/07