Selon une étude américaine, des difficultés à reconnaître des odeurs familières constitueraient un signe avant-coureur de dégénérescence cérébrale comme la maladie d’Alzheimer.
Panorama du Médecin du 05/07/07
On sait déjà que, dans la maladie d’Alzheimer, les premières lésions apparaissent dans une zone du cerveau importante pour le sens olfactif. Mais une équipe de chercheurs américains du Rush University Medical Center de Chicago, (Illinois)* va plus loin. Selon eux, le fait de mal nommer des odeurs très communes serait un signe annonciateur d’un début de déclin cognitif chez les personnes âgées. Pour le démontrer, le Dr Robert S. Wilson et ses collaborateurs ont sélectionné 589 adultes âgés de 54 ans à plus de 90 ans (80 ans en moyenne), ne souffrant d’aucun problème cognitif au début de l’étude, en 1997. Ils ont fait passer à chacun d’entre eux un test visant à identifier 12 odeurs familières comme celles du citron, du chocolat, du poivre noir, de la banane, de l’essence de voiture et de savon. Ensuite, chaque année jusqu’en 2002, les volontaires ont bénéficié d’un check-up (examens cliniques et neurologiques) destiné à évaluer leurs capacités mentales et l’ampleur d’un éventuel déclin cognitif.
Résultat : en 2002, sur les 177 personnes (soit 30 %) qui souffraient de troubles cognitifs légers, la majorité avait obtenu, 5 ans plus tôt, des scores médiocres aux tests d’identification des odeurs. Selon le Dr Wilson, une personne ayant fait au moins 4 erreurs au test olfactif au début de l’étude a un risque de développer un déclin cognitif augmenté de 50 % par rapport à une autre n’ayant pas fait plus d’une erreur. A noter : les chercheurs ont pondéré les résultats en tenant compte de l’âge, du sexe, des antécédents médicaux (attaque cardiaque ou cérébrale) et du tabagisme.
* R. S. Wilson. Arch Gen Psychiatry, juillet 2007;64:802-808