L’association d’un apprentissage à une odeur et la diffusion de ce parfum durant le sommeil permettrait de consolider les capacités de mémorisation.
Panorama du Médecin, 19 mars 2007
Pour essayer de mieux comprendre le rôle du sommeil dans le processus de mémorisation, une équipe de l’Université de Lubeck (Allemagne) a eu l’idée originale d’ajouter un facteur olfactif. Les chercheurs ont ainsi demandé à des étudiants volontaires de jouer à une version informatisée du « memory », un jeu consistant à retrouver des paires de cartes identiques dans un jeu retourné. Les ordinateurs d’une vingtaine d’entre eux étaient placés dans une pièce sentant bon la rose, les autres dans une pièce normale. Ils ont ensuite invité les « cobayes » à dormir au laboratoire et ont pulvérisé, durant leur phase de sommeil profond, une bouffée du même parfum à la rose dans chacune des chambres. Le lendemain, le même jeu était proposé aux étudiants et les performances des deux groupes comparées.
Résultats* : ceux qui avaient joué la veille dans une pièce parfumée ont obtenu de meilleurs résultats. 97 % d’entre eux ont répondu correctement aux questions contre seulement 86 % dans le groupe « sans parfum ». En revanche, la même expérience pendant les autres phases du sommeil n’a entraîné aucune différence.
Selon Rasch Björn (qui a eu recours à la résonance magnétique nucléaire), l’odeur stimule l’activité de l’hippocampe et favoriserait ainsi la consolidation des apprentissages. Les informations en cours de mémorisation pourraient être tout d’abord stockées dans cette zone du cerveau avant d’être transférées au cortex pour un stockage à long terme. Son nouvel objectif : démontrer que le sommeil s’accompagne d’une phase active de mémorisation, voire d’un approfondissement des apprentissages, ce dont certains neurobiologistes doutent encore.
* Dans la revue américaine « Science » du 9/3/07; 315 :1426-1429.