Une étude canadienne porte un nouveau coup à la théorie selon laquelle le refroidissement du corps pourrait protéger le cerveau après un traumatisme crânien accidentel.
Panorama du Médecin, 16 juin 2008
En 2001, une étude portant sur 392 adultes dans le coma avait déjà montré que 48 heures d’hypothermie n’amélioraient pas les chances de survie après un traumatisme crânien et pouvaient même empirer les choses. Cette fois, une équipe de Toronto a comparé des enfants souffrant d’un traumatisme crânien grave dont le corps avait été refroidi (jusqu’à 32°C), dans les 8 heures suivant l’accident pendant 24 H, à des enfants dont les températures avaient été maintenues à 37°C. Au total, 225 enfants ont été étudiés.
Au bout d’un an, le groupe traité par hypothermie avait des résultats plus mauvais aux tests de mémoire visuelle à long terme. Le refroidissement du corps a même empiré les choses : les enfants dont l’évolution a été défavorable (incapacité sévère, état végétatif persistant, décès) étaient plus nombreux dans le premier groupe que dans le deuxième. L’hypothermie n’apparaît donc pas comme une méthode efficace pour protéger des lésions cérébrales après un traumatisme crânien, au contraire.
Source: The New England Journal of Medicine, 5 juin 2008;358(23):2247-56