Une étude sud-africaine suggère que les enfants de mères séropositives exclusivement nourris au sein sont moins exposés à la contamination que les enfants élevés avec un allaitement « mixte ».
Panorama du Médecin, 10 avril 2007
Le virus du sida peut être transmis à l’enfant à travers le placenta, mais aussi via le lait maternel. Cependant, grâce aux antirétroviraux et à l’utilisation de laits artificiels, le taux de transmission du VIH d’une mère séropositive à son enfant est tombé de 25 % à moins de 2 % dans les pays occidentaux. Il n’en va pas de même dans les pays pauvres où ces types de traitements et d’aliments sont coûteux. Des chercheurs sud-africains* proposent une autre solution pour diminuer les risques. Ils ont suivi les enfants de 1 372 femmes séropositives nourris exclusivement au sein 9 fois sur 10, les autres recevant un allaitement mixte (lait maternel + lait en poudre ou animal ou aliments solides, en particulier des bouillies).
Les résultats à 12 semaines de vie montrent que le risque de transmission est augmenté de 82 % en cas d’allaitement mixte par rapport à l’allaitement maternel seul. Chez les enfants nourris exclusivement au sein jusqu’à 6 mois, ce risque est de 4 % alors qu’il est le double chez les enfants ayant reçu du lait artificiel ou de vache en complément du lait maternel. En cas d’association d’aliments solides, le nombre de contaminations a même été multiplié par 11.
Selon les auteurs, la muqueuse intestinale qui joue un rôle efficace de barrière contre le VIH serait protégée par l’allaitement maternel exclusif. L’allaitement régulier réduit aussi le risque d’abcès qui augmentent les quantités de virus dans le lait maternel. Quoi qu’il en soit, le Pr Hoosen Coovadia considère que, pour les pays pauvres, les recommandations actuelles de l’OMS (allaitement exclusif durant les premiers mois et arrêt le plus tôt possible) doivent être révisées.
* Coovadia HM et col. The Lancet, vol 369; 9567: 31