Panorama du Médecin, 25 septembre 2006
Une étude récente d’une équipe de chercheurs de Boston* montre que l’arrêt du trafic aérien dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 a contribué à retarder de 2 semaines l’épidémie de grippe outre-Atlantique. Or, une pandémie grippale peut faire plus de victimes que les attentats… Après une analyse rigoureuse du nombre de pneumonies et de décès liés aux épidémies de grippe entre 1995 et 2005 dans 9 régions des Etats-Unis et en Europe, les chercheurs ont découvert que, chaque année, en Amérique du Nord, deux semaines s’écoulaient entre les premiers cas de grippe et le pic de l’épidémie. Ils ont ensuite calculé le nombre de cas de grippe annuels et leur répartition par mois et examiné le nombre de déplacements par avion entre 1995 et 2005. Ils en ont déduit que primo, la diffusion du virus grippal se ralentit toujours les années où le trafic aérien est moins important et secundo qu’en 2001, le pic de l’épidémie a été repoussé du 17 février au 2 mars.
On se souvient qu’outre les restrictions de vol décrétées par les pouvoirs publics, les Américains avaient d’eux mêmes restreint leurs déplacements par peur de nouveaux attentats. Les années suivantes, le pic épidémique est revenu aux alentours du 17 février. De là à penser qu’en cas de pandémie grippale, la suppression de la circulation aérienne pourrait constituer une arme efficace pour juguler la diffusion du virus en cause… Les auteurs pensent en tout cas que l’arrêt des voyages en avion pourrait au moins ralentir une pandémie de grippe aviaire, par exemple, et laisser du temps aux gouvernements pour vacciner les populations.
Publiée le 15/9/2006 sur le site Internet PLoS (Public Library of Sciences) Medicine.