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Sida : vers un dépistage plus large ?

Des chercheurs français lancent un appel pour élargir le dépistage du VIH à des populations considérées comme à faible risque d’infection : les hétérosexuels vivant en couple.

Panorama du Médecin du 05/07/07


Sur les 7 000 personnes pour lesquelles l’infection par le VIH est diagnostiquée chaque année, 3 000 (soit 40 %) sont au stade du sida ou ont déjà une immunité très altérée (taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200 par mm3), rappellent des chercheurs de l’Inserm, Cyrille Delpierre, Lise Cuzin et France Lert dans une publication récente*. Or, un diagnostic tardif accroît sérieusement le risque de mortalité : six mois après la détection, la mortalité est 16 fois plus élevée parmi les patients diagnostiqués à un stade avancé que parmi ceux diagnostiqués plus tôt.
La France est l’un des pays européens où la pratique du dépistage du VIH est la plus élevée (82 tests pour 1 000 habitants en 2004), mais certaines populations ne sont pas ciblées par les campagnes de dépistage. Actuellement, ce sont surtout les femmes et les groupes à risque (homosexuels masculins, jeunes, personnes ayant plusieurs partenaires sexuels) qui se soumettent au test. De ce fait, ceux qui sont diagnostiqués tardivement sont plutôt des hommes d’âge mûr, hétérosexuels vivant en couple de manière stable et ayant des enfants. Comme ils ne connaissent pas leur séropositivité, ils ont largement le temps de voir leur maladie progresser, mais aussi de contaminer leur partenaire. Selon les chercheurs français, si toutes les personnes ignorant leur statut sérologique vis-à-vis du VIH se faisaient tester, cela permettrait d’éviter chaque année 1 290 nouvelles infections par voie sexuelle en France.
Aussi les auteurs recommandent-ils aux médecins de proposer plus largement un test de dépistage du VIH à leurs patients, y compris à ceux qui présentent a priori un faible risque de contamination.

* « British Medical Journal » daté du 30/6/07, vol 334 ; 1354-56