Trois études récentes ont montré que la circoncision confère aux hommes jeunes hétérosexuels une protection d’environ 60 % vis-à-vis de l’infection par le VIH
Panorama du Médecin, 2 avril 2007
A l’issue d’une série de réunions d’experts, l’OMS et l’Onusida ont annoncé qu’ils recommandaient la circoncision comme moyen de prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l’homme (mais pas de la contamination homosexuelle). Ils insistent toutefois sur le fait que la circoncision ne protège pas complètement contre le virus du sida et ne doit surtout pas se substituer aux autres méthodes de prévention : préservatif, report de l’âge du premier rapport et réduction du nombre de partenaires. Pour en arriver à cette recommandation, les experts se sont appuyés sur les conclusions concordantes de 3 grands essais : une étude française réalisée par l’Agence nationale de recherches sur le sida en Afrique du Sud et deux études américaines menées en Ouganda et au Kenya. Ces études ont montré que la circoncision conférait aux hommes jeunes hétérosexuels une protection d’environ 60 % vis-à-vis de l’infection par le VIH. Une étude complémentaire a permis d’estimer que la circoncision aurait pu permettre d’éviter 35 000 nouvelles contaminations, en 2007, parmi les 2,5 millions d’hommes (en majorité non circoncis) de la province sud-africaine du Kwazulu-Natal.
Selon Bertrand Auvert, chercheur à l’INSERM qui a conduit l’étude française, l’effet protecteur de la circoncision pourrait s’expliquer de deux façons : en retirant le prépuce, membrane très fine dans laquelle se trouvent des cellules très actives et où le VIH peut se développer facilement, on réduit la surface d’entrée du virus ; l’ablation du prépuce pourrait aussi éliminer une surface humide qui permet au VIH de survivre.
Source : OMS, www.who.int/hiv/en/