Fin 2006, plus de 2 millions de personnes sur les 7,1 millions malades du sida vivant dans les pays défavorisés ont bénéficié d’un traitement. C’est mieux mais insuffisant.
Panorama du Médecin, 25 avril 2007
Selon le rapport annuel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’Onusida et de l’Unicef, près de 700 000 personnes vivant dans les pays pauvres ou en développement ont reçu pour la première fois un traitement anti-VIH. Ce qui porte à 28 % la proportion de malades ayant accès aux traitements contre le virus du sida dans ces pays (soit plus de 2 millions) et traduit une augmentation de 54 % par rapport à 2005. C’est en Afrique sub-saharienne que l’augmentation est la plus sensible : 28 % en 2006 contre 2 % en 2003. En revanche, le taux de malades traités n’est que de 6 % en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et de 15 % en Europe de l’Est et en Asie centrale. Parmi les pays à revenu faible ou intermédiaire, ceux d’Amérique Latine et des Caraïbes sont les mieux lotis (72 %).
La baisse du prix des médicaments de première ligne (de 37 à 63 % selon les pays) - grâce aux génériques –-explique en grande partie les progrès réalisés ces trois dernières années. Mais les traitements de deuxième ligne restent encore trop chers pour ces pays, ce qui pourrait compromettre l’avenir des programmes de traitement.
Autres insuffisances pointées par le rapport de l’OMS : seules 11 % des femmes enceintes malades des pays défavorisés reçoivent un traitement antiviral pour prévenir la transmission mère-enfant. Et 15 % à peine des 780 000 enfants atteints sont traités. Les toxicomanes, quant à eux, sont dans leur très grande majorité abandonnés à leur sort, notamment en Inde et en Chine. Dans ces conditions, on voit mal comment l’objectif avancé par l’ONU d’un accès universel aux traitements en 2010 pourrait être atteint…
* Rapport sur le sitewww.who.int/en/