Des Français ont découvert comment la bactérie Shigella, responsable d’une dysenterie grave, anéantit les premières défenses immunitaires. Une piste pour traiter d’autres pathologies intestinales.
Panorama du Médecin, 5 mai 2008
Pour défendre l’organisme des agressions infectieuses, les cellules épithéliales de l’intestin secrètent des peptides antimicrobiens chargés d’assurer la première ligne de défenses immunitaires. La plupart des maladies de l’intestin, comme la maladie de Crohn, sont en partie dues à un défaut de synthèse de ces molécules bactéricides.
Des chercheurs de l’Institut Pasteur* viennent de démasquer la stratégie mise en œuvre par la bactérie responsable d’une maladie diarrhéique, la shigellose, pour contrer l’action protectrice de ces molécules antimicrobiennes. Ils ont découvert que, pour envahir la muqueuse, Shigella était capable d’inhiber la transcription des gènes codant les peptides antibactériens et de supprimer ainsi leur expression. Ce stratagème étant décrypté, les chercheurs pensent qu’il ouvre des perspectives intéressantes pour traiter la shigellose mais aussi l’ensemble des maladies inflammatoires ou infectieuses de l’intestin.
* Journal of Experimental Medicine, en ligne le 21/4/08.