La couverture vaccinale anti-rubéoleuse n’est toujours pas optimale en France et, par voie de conséquence, les malformations congénitales n’ont pas disparu.
Panorama du Médecin, 28 mai 2007
La rubéole est une maladie virale généralement bénigne, mais elle peut entraîner, chez le fœtus, des malformations graves (oculaires, cardiaques ou neurologiques), et même la mort, quand l’infection survient pendant les premiers mois de grossesse. D’où la mise en place de la surveillance des infections rubéoleuses et des rubéoles congénitales, en 1976, à travers le réseau des laboratoires de biologie Rénarub*. Avec comme perspective d’éliminer la rubéole congénitale en France d’ici 2010.
Les données du réseau Rénarub sur la période 2004-2005** montrent que cet objectif risque de ne pas être atteint. En effet, le nombre d’infections maternelles recensées a été de 10 en 2004 et de 16 en 2005. Au total, 5 interruptions de grossesse ont été enregistrées et 4 enfants sont nés avec une malformation. Le vaccin anti-rubéoleux, recommandé depuis 1970 pour les adolescentes, et depuis 1983 pour les nourrissons, ainsi que la politique de contrôle de l’immunité anti-rubéoleuse en prénuptial et en prénatal, ont certes fait chuter le nombre d’anomalies, mais ces chiffres témoignent d’une circulation résiduelle du virus, notamment chez les adultes jeunes. La couverture vaccinale à l’âge de 2 ans n’est en effet que de 87 %, c’est-à-dire encore loin des 95 % recommandés par l’OMS pour stopper la circulation du virus. Pour les auteurs, il est donc impératif de maintenir les efforts pour augmenter la couverture vaccinale des enfants et renforcer le rattrapage de la vaccination chez les adolescentes et des jeunes femmes en âge de procréer non immunes. Par exemple, à l’occasion d’une prescription de contraception.
*Le réseau Renarub, mis en place en 1976 par Laboratoire national de la santé et coordonné depuis 1993 par le Réseau national de santé publique, devenu en 1999, l’Institut de veille sanitaire (InVS), regroupe les laboratoires d'analyses de biologie médicale privés et les laboratoires hospitaliers qui font la recherche des IgM antirubéoleuses en France.
** I. Parent du Châtelet, L. Bouraoui et le réseau Rénarub. Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°20 du 20/7/07.