Avec 1 022 nouveaux cas diagnostiqués en 2006 (contre 1 300 en 2005), l’épidémie de sida semble marquer le pas en France, mais les homosexuels et les migrants d’origine africaine restent très touchés.
Panorama du Médecin, 3 décembre 2007
Après une augmentation régulière d’environ 6 % par an entre 2001 et 2004, le nombre (estimé) de personnes découvrant leur séropositivité est passé de 7 000 en 2004 à 6 700 en 2005 et 6 300 en 2006. Le nombre de nouveaux cas de sida déclaré a, lui aussi, baissé : 1 022 en 2006 contre 1 300 en 2005. De là à affirmer que l’épidémie recule, il n’y a qu’un pas que l’Institut de veille sanitaire ne franchit pas car ces chiffres, encore beaucoup trop élevés sont à mettre en relation avec une diminution du nombre de tests sérologiques (- 5 % en 2006 par rapport à 2005) et la sous-déclaration des nouveaux cas de sida est estimée à 36 % des cas. Pour coller au plus près de la réalité, les procédures de déclaration vont être simplifiées.
En attendant, force est de se rabattre sur les chiffres connus. Si l’épidémie semble globalement régresser, y compris chez les étrangers, les migrants d’origine subsaharienne restent très touchés. Ils représentent en effet plus d’un tiers des nouvelles séropositivités. De leur côté, les homosexuels totalisent 29 % des nouveaux diagnostics de séropositivité et 41 % d’entre eux ont été contaminés dans les six mois précédant le test. C’est donc en priorité auprès de ces deux populations qu’il va falloir porter les efforts de prévention mais aussi de dépistage. A ce titre, une expérience sur des tests de diagnostic rapide (en 20 à 40 mn), réalisés en dehors des laboratoires d’analyses médicales, sera prochainement lancée. La Haute Autorité de Santé rendra son avis à la fin du premier semestre 2008.
* Source : BEH n°46-47 du 27/11/07