Panorama du Médecin, 16 octobre 2006
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la Croix-Rouge, inquiètes de l’augmentation alarmante des cas de tuberculose résistante aux principaux traitements, notamment en Europe orientale et en Asie centrale, ont appelé les pays de l’Union européenne à renforcer sans délai leur lutte contre cette maladie. Faute de quoi la situation risquerait d’échapper à tout contrôle. Selon le Secrétaire général de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, cette résistance aux médicaments « constitue sans doute le défi le plus grave en matière de tuberculose en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale ». De fait, sur les 20 pays enregistrant le plus fort taux de tuberculoses multirésistantes, 4 se trouvent aux portes de l’Europe, les zones les plus préoccupantes étant les pays baltes, la Russie, la Turquie, l’Ukraine, la Moldavie et le Turkménistan. Il faut donc réagir rapidement. D’autant que les experts ont observé l’émergence d’une nouvelle souche particulièrement résistante, probablement en rapport avec le mauvais usage des médicaments antituberculeux de 2ème intention qui constituent l’ultime ligne de défense contre la maladie. Alors que le traitement (4 médicaments) doit durer 6 mois, les malades qui sentent une amélioration au bout d’un mois choisissent souvent de s’arrêter ou de ne prendre que certains médicaments… Autre facteur aggravant : l’augmentation accélérée des cas de Sida, en particulier en Russie et en Ukraine. La baisse des défenses immunitaires provoquée par le VIH favorise en effet l’apparition de la tuberculose.