Les premiers résultats enregistrés dans les pays ayant adopté l’interdiction de fumer dans les lieux publics montrent que cette décision entraine une diminution des symptômes respiratoires.
Panorama du Médecin, 13 novembre 2006
A l’occasion de la 5ème Journée mondiale de lutte contre la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), le 15 novembre, et en attendant l’interdiction de fumer dans les entreprises et les lieux publics prévue le 1er février 2007, les effets positifs sur la santé déjà enregistrés dans les pays ayant déjà adopté cette mesure intéressent les Français. D’après une analyse des études parues entre 1996 et 2005 sur le tabagisme passif en entreprise (1), l’interdiction de fumer dans les entreprises et les lieux publics devrait entraîner une baisse de 3 à 4 % des cancers bronchiques, de 3 à 5 % des infarctus du myocarde, de 10 à 15 % de l’asthme et de 5 à 7 % de la BPCO, laquelle touche entre 2,5 et 4,5 millions de Français.
Une étude, réalisée en Suède (2) auprès de 906 salariés avant et 5 mois après la promulgation de la loi anti-tabac, montre que la fréquence de la toux est passée chez eux de 20,6 à 16,2 %, celle de l’expectoration de 15,3 à 11,8 % et celle des essoufflements de 19,2 à 13 %. Dans une autre étude, écossaise cette fois (3), menée entre février et juin 2006 auprès de 77 barmen non-fumeurs avant et après la loi (mars 2006), les symptômes respiratoires ont également diminué dès le premier mois suivant l’interdiction et surtout après deux mois. Dans ces différents pays, la loi a eu des effets positifs non seulement sur les non-fumeurs mais aussi sur les fumeurs eux-mêmes : le tabagisme a baissé de 3,8 % et la consommation de 3 cigarettes par jour.
(1) Eur Resp J, 2006:28;397-408.
(2) Tab control, 2006:15;242-6.
(3) Jama du 11/10/2006.