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Chikungunya : un risque de chronicisation important

A la Réunion, un colloque* a permis d’en savoir plus sur l’évolution à long terme du chikungunya et sur son impact sur la mortalité.

Panorama du Médecin, 10 décembre 2007

Toutes les études montrent aujourd’hui que le chikungunya devient chronique dans un grand nombre de cas. Ainsi, dans celle qui a été réalisée au centre hospitalier départemental Félix-Guyon de Saint-Denis de la Réunion (Moiton MP et coll.), portant sur 176 patients hospitalisés ou vus en consultation hospitalière, plus de 75 % d’entre eux conservent des douleurs articulaires un an après l’infection. D’autres manifestations rhumatismales chroniques ont été fréquemment répertoriées : raideurs articulaires, tendinite d’insertion, mais aussi d’authentiques rhumatismes inflammatoires de type polyarthrite rhumatoïde et spondylarthropahie. Les résultats de cette étude semblent également indiquer qu’un âge élevé constitue le principal facteur de passage à la chronicité.
Une autre étude (Sissoko et al), qui a inclus 147 patients touchés par le chikungunya, montre que 63 % d’entre eux continuaient de souffrir de douleurs articulaires un mois après l’infection et encore 57 % entre 12 et 18 mois après. Parmi ceux-ci, 63 % se plaignaient de troubles permanents. Une enquête menée en médecine générale montre qu’un patient sur trois présente toujours des douleurs articulaires 9 mois après l’épisode aigu. Là encore, plus le malade est âgé, plus la maladie a tendance à devenir chronique : dans 70 % des cas chez les plus de 50 ans contre 6 % chez les moins de 16 ans.
Autre enseignement de ce colloque : avec 267 décès enregistrés dans l’île, la létalité de la maladie a été revue à la hausse (1 cas pour 1 000).

*Colloque « Chikungunya et autres arboviroses émergentes en milieu tropical » organisé par l’InVS et le CRVOI (Centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l’Océan Indien) à Saint Pierre de la Réunion les 3 et 4 décembre 2007.