Panorama du Médecin, 30 octobre 2006
Une étude, publiée en 2005 dans l’International Journal of Obesity a montré que 30 % des obèses étaient infectés par la version humaine d’un adenovirius sévissant chez les poulets.
A la fin des années 1990, un chercheur indien de Bombay, le Pr Nikhil Dhurandhar, avait été frappé par la mort de milliers de poulets anormalement gros et le Dr Richard Atkinson, professeur de médecine à l’Université du Wisconsin (Etats-Unis), avait conclu avec lui que la cause était virale. Il s’agissait, selon eux, d’un virus de la famille des adénovirus, Ad-36, capable de provoquer l’accumulation de graisses sans augmenter l’appétit. Ils avaient infecté des poulets, des souris et des singes et montré qu’ils devenaient effectivement obèses. La communauté avait alors fait preuve de scepticisme, mais la piste virale n’a pas pour autant été abandonnée. Au dernier congrès annuel de la NAASO (North American Society for the Study of Obesity) à Boston, deux études portant sur le fonctionnement de l’adénovirus Ad-36 ont encore été présentées et le Dr Atkinson, qui a fondé son propre centre de recherches (Obetech Obesity), reprend espoir car petit à petit les données s’accumulent, y compris chez l’homme.
Une étude, publiée en 2005 dans l’International Journal of Obesity, portant sur un échantillon de 500 personnes, a ainsi montré que 30 % des obèses étaient infectés par la version humaine de ce virus. Selon le Dr Atkinson, ce virus est l’une des causes de l’épidémie d’obésité qui touche le monde entier. Il admet certes que l’on puisse devenir obèse pour de nombreuses raisons, depuis l’héritage génétique jusqu’au mode de vie, mais pense que si une partie des obèses le devient à cause d’un virus, il serait intéressant de trouver un vaccin. Pour l’heure, il a seulement mis au point un test pour déterminer si l’on est porteur ou non d’anticorps à ce virus, mais beaucoup trop coûteux (450 dollars) pour une utilisation courante. A suivre.