Panorama du Médecin, 23 octobre 2006
Un rapport présenté à l’occasion des Etats Généraux de la Prévention montre que si l’état de santé des Français est globalement bon et si le taux de mortalité globale reste l’un des plus faibles d’Europe (8,6 pour 1000 en 205), la mortalité dite prématurée, c’est-à-dire avant 65 ans (essentiellement par cancers, morts violentes, maladies cardiovasculaires, digestives, troubles mentaux), est élevée.
En 2002, 113 537 décès prématurés ont été enregistrés en France, ce qui représente un cinquième de l’ensemble des décès. Malgré une diminution de 18 % entre 1990 et 2002, l’hexagone se trouve ici à l’avant-dernier rang parmi les 15 pays européens. Mais on note d’importantes disparités géographiques. Ainsi, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie apparaissent les plus touchés (respectivement + 33 % et + 17 % par rapport à la moyenne nationale) et les régions Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Ile-de-France et Alsace ont les plus faibles taux. La mortalité dite « évitable », c’est-à-dire celle que des mesures de prévention primaire permettent de supprimer (37 662 décès), reste également importante et place la France cette fois au dernier rang des pays de la CEE.
L’analyse des différents indicateurs de santé que sont la consommation d’alcool, le tabagisme et le surpoids, fait aussi apparaître de grandes disparités selon les âges et les régions. Pour l’alcool, par exemple, c’est dans les pays de Loire que la consommation est la plus élevée chez les jeunes de 17-18 ans (20 %) alors que l’Ile-de-France et – curieusement – le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie présentent les niveaux de consommation les plus faibles à cet âge (8 %). Pourtant, ces deux régions enregistrent un excès de mortalité par cancers liés à l’alcool et par psychose alcoolique. En ce qui concerne l’obésité, pas de surprise, le Nord, l’Est et le Bassin parisien sont les plus touchés (de 14 à 16 %) et la zone méditerranéenne la moins touchée.