Une grande enquête dijonnaise montre qu’en 20 ans, l’âge auquel survient le premier accident vasculaire cérébral recule et que la mortalité à 28 jours baisse.
Panorama du Médecin, 19 février 2007
Pour la première fois en France, une vaste enquête épidémiologique réalisée auprès de la population dijonnaise (150 000 personnes dont 25 % de plus de 65 ans) a permis d’évaluer, sur une très longue période (1984-2004), l’évolution des taux d’incidence et de mortalité des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Une évolution plutôt rassurante si l’on en croit les résultats présentés par le Pr Maurice Giroud (service de neurologie du CHU de Dijon) à l’Académie nationale de Médecine. Au total, 3 142 infarctus cérébraux (de différents types) ont été analysés. De la comparaison des données par périodes de 5 ans, il ressort que le nombre d’AVC est resté stable en dépit du vieillissement de la population et que les AVC surviennent aujourd’hui à un âge plus avancé : à 71,1 ans en moyenne chez l’homme contre 66 ans en 1985 (soit un gain de 5 ans) et à 75,6 ans chez la femme contre 76,8 (soit un gain de 8 ans). Par ailleurs, le taux de mortalité des AVC à 28 jours de distance a baissé de 10 % chez l’homme de moins de 75 ans et chez la femme de moins de 65 ans.
Autres enseignements de l’étude : certains facteurs de risque comme l’artérite des membres inférieurs sont restés stables, d’autres ont évolué à la baisse : le tabagisme (-15 % en 20 ans) et l’hypertension artérielle diastolique (- 17 % sur 20 ans), ce qui fait dire aux auteurs que les patients hypertendus traités sont aujourd’hui mieux contrôlés. En revanche, la proportion d’hypercholestérolémiques et de diabétiques a augmenté fortement (+ 17 % et + 7 %). Un phénomène inquiétant observé dans tous les pays occidentaux…