Des chercheurs japonais viennent de prouver qu’en cas d’arrêt cardiaque le massage thoracique est deux fois plus efficace seul qu’associé au bouche-à-bouche.
Panorama du Médecin, 26 mars 2007
Depuis quelques années, les secouristes commençaient à le dire, mais cette fois la preuve est apportée : après un arrêt cardiaque survenu hors des structures de soins (noyés et victimes d’overdose exceptés), le bouche-à-bouche ne sert à rien et même diminue les chances de survie et de récupération neurologique. Des chercheurs de 8 hôpitaux universitaires de Tokyo, Satama et Chiba (Japon)* ont relevé que sur 1 151 personnes ayant bénéficié d’une tentative de réanimation par des passants, 439 avaient eu un massage cardiaque externe et 712 des soins de secourisme associant le bouche-à-bouche à la compression thoracique, une pratique jusque-là recommandée. Or, après un mois de réanimation réussie, 22 % des personnes n’ayant eu que le massage thoracique présentaient un score neurologique favorable (récupération parfaite des fonctions cérébrales ou handicap modéré) contre seulement 10 % dans le groupe massage cardiaque + bouche-à-bouche.
Selon Gordon Ewy, directeur du Sarver Heart Center de l’Université d’Arizona (Tucson, Etats-Unis), qui a commenté l’étude, le taux de survie est plus élevé « quand le sang contient peu d’oxygène mais circule dans l’organisme grâce aux pressions continues sur la poitrine que lorsque le sang contient plus d’oxygène mais ne circule pas bien à cause de l’interruption des compressions thoraciques à chaque fois que le sauveteur fait le bouche-à-bouche ». En clair, le cœur et le cerveau sont mieux irrigués avec des pressions thoraciques continues. Il y aurait donc intérêt à modifier les pratiques de secourisme sur la voie publique. D’autant que, relèvent les auteurs, les secouristes hésitent souvent à pratiquer le bouche-à-bouche par peur de se contaminer…
* Etude du « SOS Kanto Group » publiée le 16/3/2007 dans la revue britannique « The Lancet ».