Une méthode simple permet de prédire le risque d’accident vasculaire cérébral juste après un accident ischémique transitoire et de définir rapidement la stratégie de prise en charge du patient.
Panorama du Médecin, 1er octobre 2007
L’accident ischémique transitoire (AIT) est un réel syndrome de menace puisque le risque d’événement vasculaire cérébral est estimé à 10 % à 3 mois, dont la moitié avant le 7ème jour… Pourtant, de diagnostic difficile car essentiellement clinique, l’AIT reste une urgence méconnue.
Comme l’a expliqué le Pr Yves Samson (Urgences cérébro-vasculaires, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) lors des entretiens de Bichat, il existe aujourd’hui une méthode simple permettant de stratifier le risque de faire un infarctus cérébral après un AIT : le score ABCD2*. A représente l’âge (1 point s’il est supérieur ou égal à 60 ans), B la pression artérielle (1 point quand la PAS est supérieure ou égale à 140 mmHg ou la PAD supérieure ou égale à 90 mmHg), C la présentation clinique (2 points en cas de faiblesse unilatérale, 1 point en cas de troubles de la parole sans faiblesse), D la durée de l’AIT (1 point entre 10 à 59 mn, 2 points pour une heure ou plus) et le deuxième D pour le diabète (1 point).
Le score ainsi obtenu permet de définir la stratégie de prise en charge du patient. S’il ne dépasse pas 3 points, le risque d’AVC à 3 mois est estimé à 3 % et un bilan rapide s’impose, éventuellement en ville si la filière médecin traitant, neurologie, imagerie est bien organisé, sans omettre de vérifier l’absence de fibrillation auriculaire. S’il totalise 4 ou 5 points, le patient doit être hospitalisé car le risque à 3 mois est plus élevé (10 %). Et s’il est de 6 ou 7 points, le patient doit être conduit en unité de soins intensifs neurovasculaires et une IRM réalisée en urgence ; le risque est en effet de 8 % à 48 H.
* Johnston SC et all. Validation and refinement of scores to predict very early stroke risk after transient ischaemic attack. The Lancet, 2007;369:283-92.